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OP : ne pas manquer l’occasion de s’organiser
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Lactalis a envoyé à ses producteurs une deuxième proposition de contrat. Les organisations de producteurs appellent à ne pas la signer. Explications avec Sébastien Amand, président de l’organisation des producteurs du Bocage.

"Les évènements montrent qu’il fallait engager les négociations longtemps avant la fin des quotas. Nous avons donc du temps et nous en avons besoin".
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TG
Pourquoi demandez-vous aux producteurs de ne pas signer la proposition qui leur est faite ?
Parce que cette proposition n’a pas fait l’objet d’un accord entre les OP et Lactalis. Et puis parce que l’objectif de nos organisations est de ne pas laisser le producteur seul face à son acheteur mais de négocier ensemble. C’est pour cela que nous demandons une signature “à trois” : l’entreprise, l’OP et le producteur. Et Lactalis ne veut pas en entendre parler.
Vous avez pourtant obtenu des avancées ?
Oui mais vu les clauses écrites dans la version initiale, nous avions de la marge ! Des progrès ont été faits mais pas assez pour que nous donnions notre accord. Les soixante OP “Lactalis” constituées au niveau national ont mandaté un groupe de négociateurs pour rencontrer l’entreprise et discuter avec elle. C’est ce que nous avons fait mais notre mandat n’est pas de livrer les producteurs à la merci de l’entreprise. Il ne faut donc pas signer cette deuxième proposition.
Lactalis alerte ses producteurs sur les risques de dérive que comportent vos revendications. Qu’en est-il ?
Lactalis agite le chiffon rouge des GIE et fait peur aux producteurs. Notre position est pourtant claire : nos organisations de producteurs ne seront pas des GIE avec un transfert de propriété. Nous ne sommes que des porte-parole pour des producteurs regroupés. Quant aux volumes, il n’est pas dans nos intentions d’imposer à notre acheteur des volumes de production. Nous sommes aussi chefs d’entreprise et nous n’accepterions pas qu’on nous impose nos achats. Mais, là où nous voulons avoir notre mot à dire, c’est sur la répartition de ces volumes entre les producteurs. Et ce pour assurer l’équité et la transparence entre nous. Cela ne va pas au-delà. Je ne comprends donc pas pourquoi l’entreprise refuse de signer les contrats à trois : producteur-OP-entreprise.
Que va-t-il se passer pour les producteurs ?
Ils restent protégés par le contrat tacite existant et leur droit à produire qui vaut jusqu’à la fin des quotas, soit le 31 mars 2015. Ils ont donc le temps. Les évènements montrent qu’il fallait engager les négociations longtemps avant la fin des quotas. Nous avons donc du temps et nous en avons besoin.
Et si les producteurs signent quand même ?
Eh bien les producteurs se retrouvent face à leurs responsabilités. Le groupe des « négociateurs » s’est mobilisé pour négocier. Nous n’avons pas abouti à un accord pour le moment. C’est pour cela que nous demandons de ne pas signer. Si les producteurs signent individuellement, ils manquent, à mon avis, une occasion de peser collectivement sur leurs relations avec leur acheteur. La décision du producteur de signer ou pas a donc une incidence au-delà de sa propre exploitation.
Où en êtes-vous de l’organisation des producteurs ?
Des associations de producteurs ont été réactivées. Des structures ont été créées là où il n’en existait pas. D’autres sont en voie de création en Basse-Normandie. Il y a une certaine attente et une certaine curiosité des producteurs. Beaucoup attendent de voir si une OP peut être utile, si cela peut fonctionner. Le travail réalisé avec les autres OP du groupe Lactalis montre que les OP sont utiles. Notre démarche groupée et organisée a déjà permis d’obtenir des améliorations au projet de contrat sur les conditions de rupture ou de cession du contrat, la liberté d’exercice du droit syndical…Sans les OP, comment les producteurs auraient-ils pu négocier ? Seuls face à l’entreprise ? Avec quel pouvoir ?
Vous faites la promotion des OP mais vous êtes aussi impliqué à la FDSEA. N’y a-t-il pas un risque de collusion avec le syndicat ?
Il n’y a aucun risque. Certes la FDSEA appuie notre démarche et nous sommes bien contents de la trouver, avec la FNPL, pour nous accompagner techniquement dans notre structuration. Mais ensuite ce sont les producteurs adhérents qui décideront entre eux de leur stratégie. Les OP ont vocation à rassembler les producteurs qui livrent leur lait à la même entreprise, quelle que soit leur appartenance syndicale. Les producteurs éliront démocratiquement leurs responsables. Deux conditions sont exigées pour participer à ces choix et à ces élections : livrer son lait à Lactalis et adhérer à l’OP. Ceux qui font le choix de rester seuls ont le droit. Mais cela ne me paraît pas être le bon chemin.
Parce que cette proposition n’a pas fait l’objet d’un accord entre les OP et Lactalis. Et puis parce que l’objectif de nos organisations est de ne pas laisser le producteur seul face à son acheteur mais de négocier ensemble. C’est pour cela que nous demandons une signature “à trois” : l’entreprise, l’OP et le producteur. Et Lactalis ne veut pas en entendre parler.
Vous avez pourtant obtenu des avancées ?
Oui mais vu les clauses écrites dans la version initiale, nous avions de la marge ! Des progrès ont été faits mais pas assez pour que nous donnions notre accord. Les soixante OP “Lactalis” constituées au niveau national ont mandaté un groupe de négociateurs pour rencontrer l’entreprise et discuter avec elle. C’est ce que nous avons fait mais notre mandat n’est pas de livrer les producteurs à la merci de l’entreprise. Il ne faut donc pas signer cette deuxième proposition.
Lactalis alerte ses producteurs sur les risques de dérive que comportent vos revendications. Qu’en est-il ?
Lactalis agite le chiffon rouge des GIE et fait peur aux producteurs. Notre position est pourtant claire : nos organisations de producteurs ne seront pas des GIE avec un transfert de propriété. Nous ne sommes que des porte-parole pour des producteurs regroupés. Quant aux volumes, il n’est pas dans nos intentions d’imposer à notre acheteur des volumes de production. Nous sommes aussi chefs d’entreprise et nous n’accepterions pas qu’on nous impose nos achats. Mais, là où nous voulons avoir notre mot à dire, c’est sur la répartition de ces volumes entre les producteurs. Et ce pour assurer l’équité et la transparence entre nous. Cela ne va pas au-delà. Je ne comprends donc pas pourquoi l’entreprise refuse de signer les contrats à trois : producteur-OP-entreprise.
Que va-t-il se passer pour les producteurs ?
Ils restent protégés par le contrat tacite existant et leur droit à produire qui vaut jusqu’à la fin des quotas, soit le 31 mars 2015. Ils ont donc le temps. Les évènements montrent qu’il fallait engager les négociations longtemps avant la fin des quotas. Nous avons donc du temps et nous en avons besoin.
Et si les producteurs signent quand même ?
Eh bien les producteurs se retrouvent face à leurs responsabilités. Le groupe des « négociateurs » s’est mobilisé pour négocier. Nous n’avons pas abouti à un accord pour le moment. C’est pour cela que nous demandons de ne pas signer. Si les producteurs signent individuellement, ils manquent, à mon avis, une occasion de peser collectivement sur leurs relations avec leur acheteur. La décision du producteur de signer ou pas a donc une incidence au-delà de sa propre exploitation.
Où en êtes-vous de l’organisation des producteurs ?
Des associations de producteurs ont été réactivées. Des structures ont été créées là où il n’en existait pas. D’autres sont en voie de création en Basse-Normandie. Il y a une certaine attente et une certaine curiosité des producteurs. Beaucoup attendent de voir si une OP peut être utile, si cela peut fonctionner. Le travail réalisé avec les autres OP du groupe Lactalis montre que les OP sont utiles. Notre démarche groupée et organisée a déjà permis d’obtenir des améliorations au projet de contrat sur les conditions de rupture ou de cession du contrat, la liberté d’exercice du droit syndical…Sans les OP, comment les producteurs auraient-ils pu négocier ? Seuls face à l’entreprise ? Avec quel pouvoir ?
Vous faites la promotion des OP mais vous êtes aussi impliqué à la FDSEA. N’y a-t-il pas un risque de collusion avec le syndicat ?
Il n’y a aucun risque. Certes la FDSEA appuie notre démarche et nous sommes bien contents de la trouver, avec la FNPL, pour nous accompagner techniquement dans notre structuration. Mais ensuite ce sont les producteurs adhérents qui décideront entre eux de leur stratégie. Les OP ont vocation à rassembler les producteurs qui livrent leur lait à la même entreprise, quelle que soit leur appartenance syndicale. Les producteurs éliront démocratiquement leurs responsables. Deux conditions sont exigées pour participer à ces choix et à ces élections : livrer son lait à Lactalis et adhérer à l’OP. Ceux qui font le choix de rester seuls ont le droit. Mais cela ne me paraît pas être le bon chemin.