Orne
Orne Conseil Elevage : le développement par la spécialisation
Quand d'autres structures agricoles choisissent l'union, Orne Conseil Elevage opte pour l'innovation. L'orientation est assumée par Michel Ernault. Si son organisme dépasse les frontières départementales, c'est pour vendre AgriNIR. L'outil permet à Orne Conseil Elevage d'afficher un taux de croissance de 12,7 %.

Alors que leurs voisins manchois, calvadosiens et haut-normands ont entamé leurs démarches de fusion au sein d'une même structure littorale, Orne Conseil Elevage semble faire figure d’irréductible. Michel Ernault, le président, assume une stratégie divergente. Les chiffres donnés avant l'assemblée générale du 12 juin prochain au Carré du Perche plaident en sa faveur. Dans un contexte “fusionnel” des Organisations Professionnelles Agricoles, Orne Conseil Elevage ne résiste pas, mais croît.
Sur l'exercice 2011, sa potion magique s'appelle AgriNIR. L'outil commercialisé dans une trentaine de départements permet même d'être présent à l'export. Un AgriNIR fonctionne aujourd'hui au Luxembourg. “Nous nous sommes basés sur nos compétences internes. Nos ingénieurs veillent et ont découvert ce système infrarouge dans une publication scientifique étrangère. Nous nous appuyons sur l'expertise de nos ingénieurs”, explique Michel Ernault. Avec 12,7 de croissance grâce à AgriNIR l'investissement paye. L'activité R&D pése 395 000 € de chiffre d'affaires. Plus localement, l’innovation a trouvé une réponse favorable du terrain. Dans l'Orne, les éleveurs ont réalisé plus de 1300 analyses AgriNIR .
“Pas de quincaillerie”
Pour investir en Recherche et Développement, Orne Conseil Elevage s'appuie sur des bases solides et historiques. La structure contrôle 90 % du lait produit dans l'Orne et 79,6 % des vaches laitières du département. Des chiffres en progression. Et même si le nombre d'adhérents baisse, la volonté d'indépendance du conseil d'administration n'est pas entamée. “Je ne veux pas d'une croissance horizontale. Il faut savoir se faire peur avec les chiffres et ne pas se cacher derrière une fusion. Avec la restructuration des exploitations, nous adaptons notre service. Notre base de données est par exemple une valeur ajoutée”, insiste Michel Ernault. Des propos complétés par son directeur, Patrick Hichard : “l'efficacité économique n'est pas liée à la taille de l'entreprise. Nos adhérents attendent un conseil pointu. Notre équipe compte donc 8 conseillers d’élevage spécialisé, 17 ingénieurs con-seillers d’exploitation, 4 ingénieurs encadrement technique et un vétérinaire”. Dans ce contexte, Conseil Elevage maintient le cap. Contrairement à ses voisins, la distribution d'agrofournitures n'est toujours pas à l'ordre du jour. “D'autres structures privées sont performantes dans ce domaine. Nous ne sommes pas quincailliers. Notre spécialisation est une force”, poursuit le directeur.
Une spécialisation affirmée
Cette spécialisation permet de ne pas être juge et partie. Notamment lorsque des analyses nutritionnelles sur les aliments du commerce sont réalisées. “Les résultats que nous donnerons le jour de l'assemblée générale seront indépendants. Nos analyses diffèrent parfois des données affichées par les fabricants”, souligne Yann Martinot, directeur technique. Reste le cœur de métier d'Orne Conseil Elevage. L'appui technique se démarque. Le niveau cellulaire atteint en moyenne 232 000 cellules/ml pour les adhérents. Les autres éleveurs du département en comptent en moyenne 132 000 de plus.