Calvados
Patrice Lepainteur (président de la FDSEA) : "non au gaspillage des terres"
Calvados
Le gaspillage des terres agricoles est continuel. La forêt d’Ifs est un exemple. Il en existe d’autres, avec la volonté d’associations environnementales d’accaparer des terres pour y mettre des réserves de la protection de la biodiversité.

Aux portes de Caen, la ville s’étend.
©
TG
Selon vous quel est le fait marquant de l’actualité agricole en 2011 ?
C’est la reprise des cours dans nos productions. En 2009, le phénomène était inversé. Toutes productions confondues, la baisse était catastrophique. Heureusement, nous avons assisté à une remontée notoire des cours. Heureusement, car nos charges ont subi une inflation.
Et d’un point de vue plus local ?
C’est la problématique environnementale avec les captages d’eau. La voie est positive. L’administration et l’agence de l’eau ont acté le principe d’une étude approfondie. Le COPA eau (Comité des organisations professionnelles) a su fédérer les forces vives du département, dont la forte présence de Captages 14. C’est très positif. Avec nos mots, nous avons le même objectif.
Les responsables agricoles parlent d’implication des agriculteurs. S’impliquer, n’est-ce pas cautionner ?
S’impliquer, c’est analyser. La seule caution que nous apportons aujourd’hui est bien d’analyser. Nous n’accepterons pas de mesures injustifiées. Nous devons d’abord mesurer et analyser en profondeur pour définir les besoins d’éventuelles modifications. La profession s’impliquera et échangera avec les agriculteurs concernés. Nous n’attendrons pas le verdict d’un cabinet extérieur.
Lors de l’assemblée générale du CDFA, vous avez évoqué des problèmes de dates de formation qui retardent les installations dans le Calvados. Des jeunes ne pourront pas être officiellement installés en 2011. Dans le même cas, la Manche, par l’intermédiaire de la FDSEA 50, a su rattraper 17 cas. Pourquoi est-ce possible dans le département voisin et pas dans le Calvados ? Faut-il passer l’ouest ?
Je suis ulcéré par ce déphasage qui existe entre les discours qui émanent de toutes les organisations. On incite, on promeut l’installation, mais lorsque des jeunes ont la vocation, ils doivent d’abord franchir un parcours du combattant. On se retranche derrière des textes et des obligations. La Manche sait traiter l’exception. Dans le Calvados, il n’y a pas d’union des organisations professionnelles. Ces divisons impactent notre poids vis-à-vis de l’administration.
La FDSEA 14 ne contribue-t-elle pas à cette division ?
Non. Par exemple sur ce dossier, la FDSEA a envoyé un courrier à l’administration pour prendre en considération le cas de ces jeunes. Nous avons tenté de rattraper ce retard. L’administration nous répond que ces dossiers sont bloqués. Je déplore cette situation.
Décaler son installation de décembre 2011 à janvier ou février 2012, est-ce vraiment si grave ?
Ils ne pourront pas, sur l’exercice laitier qui se termine au 1er avril 2012, bénéficier de l’attribution laitière liée à leur installation. L’entreprise, qui se préparait à supporter financièrement un nouvel associé, sera fragilisée. Cette anticipation est pourtant à l’honneur d’une exploitation qui installe un jeune. Elle risque au contraire d’être pénalisée pour dépassement de quota.
2011 a vu la FDSEA investir la problématique foncière en 2011. Ce chantier se poursuivra-t-il en 2012 ?
Le gaspillage des terres agricoles est continuel. La forêt d’Ifs est un exemple. Il en existe d’autres, avec la volonté d’associations environnementales d’accaparer des terres pour y mettre des réserves de la protection de la biodiversité. En 2012, nous nous impliquerons sur tous ces dossiers fonciers. Nous devons faire passer notre message : économie de consommation foncière, obligation de densification des projets urbains.
Votre discours est louable. Mais les conventions liées à la préservation du foncier se sont multipliées et rien ne change… On pense notamment à la charte qui lie la Chambre d’agriculture à Caen-la-Mer.
C’est vrai que ces intentions pieuses n’ont pas été respectées. La profession n’a pas été assez vigilante. Nous avons vocation à dénoncer certaines situations. Nous souhaitons d’abord tenter, par la négociation, de faire valoir nos points de vue. Je dis bien par la négociation. S’il faut montrer notre mécontentement plus fort. Nous le ferons. Si nous ne conservons pas nos terres agricoles, nos enfants nous accuseront.
C’est la reprise des cours dans nos productions. En 2009, le phénomène était inversé. Toutes productions confondues, la baisse était catastrophique. Heureusement, nous avons assisté à une remontée notoire des cours. Heureusement, car nos charges ont subi une inflation.
Et d’un point de vue plus local ?
C’est la problématique environnementale avec les captages d’eau. La voie est positive. L’administration et l’agence de l’eau ont acté le principe d’une étude approfondie. Le COPA eau (Comité des organisations professionnelles) a su fédérer les forces vives du département, dont la forte présence de Captages 14. C’est très positif. Avec nos mots, nous avons le même objectif.
Les responsables agricoles parlent d’implication des agriculteurs. S’impliquer, n’est-ce pas cautionner ?
S’impliquer, c’est analyser. La seule caution que nous apportons aujourd’hui est bien d’analyser. Nous n’accepterons pas de mesures injustifiées. Nous devons d’abord mesurer et analyser en profondeur pour définir les besoins d’éventuelles modifications. La profession s’impliquera et échangera avec les agriculteurs concernés. Nous n’attendrons pas le verdict d’un cabinet extérieur.
Lors de l’assemblée générale du CDFA, vous avez évoqué des problèmes de dates de formation qui retardent les installations dans le Calvados. Des jeunes ne pourront pas être officiellement installés en 2011. Dans le même cas, la Manche, par l’intermédiaire de la FDSEA 50, a su rattraper 17 cas. Pourquoi est-ce possible dans le département voisin et pas dans le Calvados ? Faut-il passer l’ouest ?
Je suis ulcéré par ce déphasage qui existe entre les discours qui émanent de toutes les organisations. On incite, on promeut l’installation, mais lorsque des jeunes ont la vocation, ils doivent d’abord franchir un parcours du combattant. On se retranche derrière des textes et des obligations. La Manche sait traiter l’exception. Dans le Calvados, il n’y a pas d’union des organisations professionnelles. Ces divisons impactent notre poids vis-à-vis de l’administration.
La FDSEA 14 ne contribue-t-elle pas à cette division ?
Non. Par exemple sur ce dossier, la FDSEA a envoyé un courrier à l’administration pour prendre en considération le cas de ces jeunes. Nous avons tenté de rattraper ce retard. L’administration nous répond que ces dossiers sont bloqués. Je déplore cette situation.
Décaler son installation de décembre 2011 à janvier ou février 2012, est-ce vraiment si grave ?
Ils ne pourront pas, sur l’exercice laitier qui se termine au 1er avril 2012, bénéficier de l’attribution laitière liée à leur installation. L’entreprise, qui se préparait à supporter financièrement un nouvel associé, sera fragilisée. Cette anticipation est pourtant à l’honneur d’une exploitation qui installe un jeune. Elle risque au contraire d’être pénalisée pour dépassement de quota.
2011 a vu la FDSEA investir la problématique foncière en 2011. Ce chantier se poursuivra-t-il en 2012 ?
Le gaspillage des terres agricoles est continuel. La forêt d’Ifs est un exemple. Il en existe d’autres, avec la volonté d’associations environnementales d’accaparer des terres pour y mettre des réserves de la protection de la biodiversité. En 2012, nous nous impliquerons sur tous ces dossiers fonciers. Nous devons faire passer notre message : économie de consommation foncière, obligation de densification des projets urbains.
Votre discours est louable. Mais les conventions liées à la préservation du foncier se sont multipliées et rien ne change… On pense notamment à la charte qui lie la Chambre d’agriculture à Caen-la-Mer.
C’est vrai que ces intentions pieuses n’ont pas été respectées. La profession n’a pas été assez vigilante. Nous avons vocation à dénoncer certaines situations. Nous souhaitons d’abord tenter, par la négociation, de faire valoir nos points de vue. Je dis bien par la négociation. S’il faut montrer notre mécontentement plus fort. Nous le ferons. Si nous ne conservons pas nos terres agricoles, nos enfants nous accuseront.