HOLMER Exxact
Pôle betteravier français d’envergure mondiale
Une nouvelle gamme d’arracheuses automotrices et intégrales va voir le jour en 2014. Des marques ancestrales et reconnues comme Moreau, Matrot et Agrifac, elle a gardé la couleur rouge mais elles sera commercialisée sous un seul patronyme : HOLMER Exxact.

Ne vous fiez pas aux apparences. Si Pierre Nieuviarts est plutôt “café long sans sucre”, il est spécialiste de la betterave sucrière, du moins côté scalpel. Cet ancien dirigeant de chez Moreau est aujourd’hui “Manager Director” de HOLMER Exxact.
Une gamme unique mais une offre segmentée
HOLMER Exxact est filiale du Groupe Exel Industries (voir encadré). Une entreprise familiale à capitaux français qui a, tour à tour, racheté Matrot en 2001, Herriau en 2003, Agrifac (Pays-Bas) en 2012 et enfin HOLMER (Allemagne) en 2013. Et c’est sur cette marque HOLMER, leader mondial de l’arrachage de betterave, que l’entreprise à décidé de capitaliser. C’est ainsi que naît, le 1er septembre 2013, la société HOLMER Exxact. “Pour accompagner cette stratégie de pôle betteravier, souligne Pierre Nieuviarts, nous avons décidé de proposer une offre unique avec une gamme la plus large possible mais segmentée” (lire par ailleurs). Avec une seule offre commerciale, un seul SAV (Service Après Vente) et un seul centre de pièces détachées, HOLMER Exxact cherche à gagner des points de compétitivité tout en conservant ses quatre sites de production (2 en France, 1 en Allemagne et 1 aux Pays-bas).
Une petite centaine de machines par an
La France, avec ses 400 000 ha, est le premier marché européen devant l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine. Il se vend dans l’hexagone de 80 à 100 arracheuses par an. 40 % en intégrale et 60 % en automotrice. Mais les curseurs bougent.“La demande en intégrale est de plus en plus soutenue. On s’oriente, à terme, vers un 80/20, pronostique Pierre Nieuviarts. L’automotrice conservera sa place dans les terres faciles et dans les CUMA pour des raisons économiques”.Ce qui rassure aussi du côté de certains planteurs et syndicats betteraviers car le coût d’une intégrale représente environ le double de celui d’une automotrice.
Un différentiel de prix justifié ? “Oui, plaide Pierre Nieuviarts, mais il faut pondérer. L’écart n’est pas aussi important avec une petite intégrale à 18 m3. Par contre, on atteint effectivement ces niveaux avec une intégrale de 45 m3. Avec 30 tonnes de betteraves sur le dos, il faut beaucoup de puissance moteur et hydraulique. La puissance, ça coûte cher”.Et de faire remarquer que l’an dernier, à cause de conditions climatiques exécrables, “les automotrices ont été contraintes d’arrêter car les tracteurs et bennes ne pouvaient plus suivre. Ce sont les Agrifac intégrales qui, en janvier, ont arraché les derniers hectares dans le Pas de Calais”.
Et les machines équipées de chenille ? “Elles offrent un avantage en terrain plat en compactant moins le sol. Mais sur terrain en pente, elles glissent. C’est pourquoi notre nouvelle gamme mise sur les gros pneus basse pression”, justifie Pierre Nieuviarts.
Moins de fioul et plus de sucre
A Noyelles-sur-Escaut (59) où l’on fabrique notamment la Lectra (Moreau), on travaille déjà sur les machines de demain. Les axes de développement privilégiés sont clairement définis. Tout d’abord, la consommation de fioul. “En intégrale, nous consommons aujourd’hui moins qu’une automotrice de 4-5 ans. A savoir 30 à 40 l/ha. Au champ, nous travaillons sur la qualité de l’arrachage (pour récupérer toute la racine), le scalpage (pour minimiser le collet) et le nettoyage (pour éviter la casse et la perte de betteraves) afin de récolter un maximum de sucre”.
Parallèlement, tout ce qui contribue à un moindre compactage du sol est mis en œuvre. Enfin, du côté de l’agriculture de précision et de l’automatisation, l’innovation est également permanente. “Une sophistication extrêmement poussée au bénéfice de la plus grande simplicité de conduite et du confort de travail”, assure Pierre Nieuviarts.
A moins de deux heures de tout chantier
Deux formes de circuits commerciaux cohabitent au sein d’Holmer exxact. Dans le Nord et les départements limitrophes (Pas de Calais, Somme et Oise), l’entreprise travaille en direct avec ses clients (70 % d’ETA et 30 de CUMA en matériel neuf) depuis son usine.
Au-delà, la marque dispose d’un réseau de concessionnaires dont elle forme les techniciens à ses produits : 3 en Normandie, 3 en Champagne et deux dans le Loiret. “Le fil conducteur est d’être à moins de deux heures de tout chantier, résume Pierre Nieuviarts avant de lancer : les taux de panne sont très très bas sous condition d’une bonne maintenance annuelle selon nos préconisations. Les plus gros arrêts, ce sont les réapprovisionnements en fioul”. Quant à l’évolution du marché, deux phénomènes vont se conjuguer. La part plus importante des intégralesà qui il faut donner plus d’hectares pour les amortir va tirer le marché à la baisse. Mais parallèlement, la fin des quotas pourrait se traduire par plus d’hectares et donc tirer le marché à la hausse. Prudent, Pierre Nieuviarts évoque “une stabilité”.Stabilité globale. Ce qui ne signifie pas que les curseurs ne vont pas bouger entre les marques. Du côté d’HOLMER, on affiche ses ambitions : grignoter des parts sur le marché du sucre.
En chiffres
Groupe Exel Industries
- 740 Me de chiffre d’affaires,
- 3 600 emplois dont 2 000 en France,
- 17 sites de production en Europe, aux USA et en Australie,
- Présente dans 26 pays avec filiales sur tous les continents,
- Principales marques sur le marché de l’agriculture :
Berthoud, Tecnoma, Matrot, Moreau, Herriau, HOLMER, Carruelle, Nicolas, Seguip, Thomas, Fischer, CMC, Hardi,
Ilemo, Evrard, Vermorel, Capagri, Agrifac...