Maîtres Laiters du Cotentin
"Préparer l'avenir"
«Préparer l’avenir », phrase passe-partout ? Et bien non, les Maîtres Laitiers du Cotentin cultivent ce slogan depuis de longues années. Et ce n’est pas les investissements effectués depuis 2006 qui les dérouteront de leur cap, «nous continuerons à apporter un maximum de plus-value aux coopérateurs, tout en tenant compte des marchés et de la concurrence » ont annoncé les dirigeants lors de l'assemblée générale, se déroulant à Valognes, mardi.

Si le gros des investissements semble terminer à Sottevast, les MLC évoluent encore et toujours. Dans les cartons le transfert de l’activité du site de Tribehou sur Carentan-Méautis. Christophe Levavasseur, président, et Jean-François Fortin, directeur, s’inquiètent pourtant de la crise qui frappe la vieille Europe. « 2012 s’avère une année plus difficile pour toute la transformation laitière sur les Produits de Grande Consommation (PGC) ». Du coup, les exportateurs européens misent sur le développement à l’international en investissant sur leurs sites afin de gagner en productivité. Une notion que les MLC ont intégrée depuis des années. L’’équipe dirigeante de la coopérative reste prudente vis-à-vis des exportations vers le marché mondial, « qui seront surtout composées de produits basiques à destination de l’Asie , de l’Afrique du Nord et de la Russie. Attendons nous quand même à ce que ces fabrications ne permettent pas une valorisation du lait à 350 euro/1000 l ».
Marges réduites
Année délicate donc ; cependant les MLC gardent sans problème leur capacité d’autofinancement avec d’ailleurs un chiffre d’affaires en progression. Le résultat net, pour la coopérative, se situe à plus d’un million d’euro avec un prix de base payé aux producteurs à 363,08 euro/1000 l. Le groupe avec « France Frais, qui vient au passage de s’agrandir avec vingt nouvelles filiales, passe le milliard en chiffre d’affaires, tout comme l’année dernière. « Les marges, en raison de la crise, se sont réduites avec en final un résultat à 6 millions d’euros ». Et d’égratigner au passage la grande Distribution qui rogne au maximum les prix. Jean-François Fortin, toujours visionnaire, évoque une réflexion sur le trop plein d’outils de transformation français et européens. « Si la consommation ne repart pas, il faudra se pencher sur le problème un jour ou l’autre ».L’après 2015, les MLC l’anticipe. « Les coopératives devront s’attacher à maîtriser l’évolution des volumes en fonction de leurs marchés et à construire des stratégies en phase avec les attentes de leurs associés coopérateurs », souligne Christophe Levavasseur. En clair, le défi posé à la coopération laitière est énorme. « L’évolution de la filière est conditionnée aux investissements, aux partenariats à tous les niveaux, mais aussi aux capacités de participer à la mise en place d’une régulation. Une régulation qui aura pour objectif de limiter les effets nocifs et destructeurs de l’ultralibéralisme ».