Bilan énergétique d’exploitation
Produire économiquement et écologiquement
Michel Barnier a exprimé, il y a quelques semaines, sa volonté d’atteindre à terme l’objectif de 100 000 bilans énergétiques dans les exploitations françaises. Dans le Calvados, une poignée d’agriculteurs a pris les devants.


L’objectif du Grenelle de l’Environnement est de rendre 30% des exploitations autonomes (économes) en énergie d’ici 2013 (énergies renouvelables). Quel outil utiliser pour faire un état des lieux et établir un point de référence ? Le bilan énergétique !




L’objectif du Grenelle de l’Environnement est de rendre 30% des exploitations autonomes (économes) en énergie d’ici 2013 (énergies renouvelables). Quel outil utiliser pour faire un état des lieux et établir un point de référence ? Le bilan énergétique !


L’heure est au bilan des bilans énergétiques ce 16 octobre dans la salle de réunion de Synergie à Baron-sur-Odon (14). Autour de la table Francis Jourdan (directeur de Synergie), ses techniciens, Maurice Libeaut (consultant du groupe AGRIDIS) et une demi douzaine d’agriculteurs, pionniers bas-normands du bilan énergétique.
Un nouvel outil de mesure de performances
“Ce bilan énergétique, c’est un nouvel outil de mesure de performances. Il donne des indicateurs de performances transversaux et profile de nouvelles sources de rentabilité comme l’optimisation des intrants et la production d’énergies renouvelables”, analyse en guise de conclusion Maurice Libeaut. Mais le travail est loin d’être terminé. Car si chacun des agriculteurs/cobayes repart avec son bilan chiffré (voir tableau), encore faut-il faire parler les chiffres, les comprendre et les analyser pour en tirer la substantifique moelle. Le bilan énergétique n’en est encore quasiment qu’à l’âge de pierre.
Mais déjà Agridis dispose d’un train d’avance. Grâce à l’outil Planète, le réseau indépendant de distribution a réalisé au cours de l’année 45 bilans. “On ne peut pas laisser ce domaine d’expertise à d’autres types de structures”, argumente Francis Jourdan. Le postulat de départ : “comment produire économiquement et écologiquement ?” L’enjeu : “démontrer que l’agriculture française est en première ligne pour apporter sa contribution à la protection de l’environnement. C’est le moyen de redonner une image plus positive de notre métier”. Discours crédible dans la bouche d’un vendeur de produits phytosanitaires ? “La nature est capable de donner beaucoup mais il faut l’accompagner”, rétorque Francis Jourdan. Les agriculteurs présents, céréaliers en majorité, partagent cette vision.
De 0,35 à 10
Un bilan énergétique demande 3 heures d’enquête approfondie et 2 heures de traitement informatique. Il consiste à mesurer en EQF (Equivalent Quantité Fioul) la somme des entrées et des sorties d’énergies. Par soustraction, on obtient un quotient d’efficacité énergétique.
Supérieur à 1 : l’exploitation produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Inférieur à 1 : c’est le contraire. Au terme de cette première campagne de collecte, l’efficacité énergétique des exploitations oscille de 0,35 à 10. Attention cependant à l’interprétation tendancieuse des résultats qui aboutirait, in fine, à jeter l’opprobre sur le secteur élevage. Comparer les bilans énergétiques de deux systèmes différents n’a guère de sens. C’est au cas par cas qu’il faut appréhender cette mécanique naissante. C’est cette prochaine étape qui attend le groupe de travail : réflexion et propositions. Propositions à court terme (ajustement du système de production), à moyen terme (révision du système de production) ou à long terme (modification du système de production). Les leviers sont nombreux : agir sur les énergies directes (carburant, électricité, eau...) et indirectes (fertilisants, phyto, semences, matériels, bâtiments...), modifier son assolement, introduire les TCS (Techniques Culturales Simplifiées), des légumineuses ou des protéagineux, jouer la carte de la fertilisation organique. Sans oublier les pistes à la mode comme la production de biogaz, l’éolien ou des cultures dédiées aux énergies renouvelables.
Définition
Les énergies renouvelables
Une énergie renouvelable est une énergie renouvelée ou régénérée naturellement, indéfiniment, et inépuisable, à l'échelle temporelle de notre civilisation.
1. Principalement du Soleil : Rayonnement, cycle d'évaporation, vents, photosynthèse...
2. De la chaleur interne de la Terre (provenant elle-même principalement de la radioactivité d'éléments abondants tels que l'uranium, le thorium et le potassium).
3. De la rotation propre de la Terre par rapport au système Terre-Lune. C'est à dire l'énergie des marées.
Le caractère renouvelable d'une énergie dépend de la vitesse à laquelle la source se régénère, mais aussi de la vitesse à laquelle elle est consommée.
Kyoto
Les gaz à effet de serre
Les pays industrialisés se sont engagés à réduire d'au moins 5% leurs émissions de 6 gaz à effet de serre sur la période 2008/2012. Quels sont les gaz à effet de serre ?
- Le gaz carbonique ou dioxyde de carbone (CO2) provenant essentiellement de la combustion des énergies fossiles et de la déforestation .
- le méthane (CH4) qui a pour origine principale l'élevage des ruminants, la culture du riz, les décharges d'ordures ménagères,
les exploitations pétrolières et gazières.
- le protoxyde d'azote ou oxyde nitreux (N2O) provient de l'utilisation des engrais azotés et de certains procédés chimiques.
- les halo carbures (HFC et PFC) sont les gaz réfrigérants utilisés dans les systèmes de climatisation et la production de froid, les gaz propulseurs des aérosols.
- l'hexafluorure de soufre (SF6) utilisé par exemple dans les transformateurs électriques.