Olivier Borel
Qui l’eût cru ?
Olivier Borel
Le billet d’humeur d’Olivier Borel, Président
de la FDSEA de l’Orne.

Comment une entreprise qui collecte plus de 7,5 milliards de litres de lait peut-elle éprouver le besoin de dénoncer un “concurrent” qui transforme 100 fois moins de produit ?
©
TG
On savait que notre beau pays avait ses côtés sombres, ses agissements dont il ne peut guère être fier. On vient d’en voir un nouvel exemple dans la filière laitière. Qu’un géant s’adonne à la délation au détriment d’une petite fromagerie ne peut que nous interpeller. Comment une entreprise qui collecte plus de 7,5 milliards de litres de lait peut-elle éprouver le besoin de dénoncer un “concurrent” qui transforme 100 fois moins de produit ? Semblable attitude est-elle digne d’un Président ? Bien sûr, il n’est pas question pour nous de cautionner la mise en marché de produits dangereux pour les consommateurs. Encore faut-il que les tests de dangerosité soient menés en respectant les protocoles scientifiques nécessaires. Et puis nous faisons confiance aux services de la répression des fraudes pour assurer la loyauté des produits mis sur le marché. Nous savons que notre filière est composée de personnes et d’entreprises qui gèrent leurs intérêts avant tout. Nous pensions que l’intérêt collectif l’emporterait sur les orgueils individuels et que l’image des produits laitiers est bien l’affaire de tous. La méthode appliquée pour “faire payer” un rival manque singulièrement d’élégance. Dans cette affaire, le géant du lait témoigne d’un manque flagrant de grandeur.