Abattoir de Cherbourg
Repartir sur de nouvelles bases
Abattoir de Cherbourg
Mardi, le tribunal de commerce de Cherbourg a désigné Daniel Poussard comme repreneur de l’abattoir de Cherbourg. Une lueur d’espoir pour les producteurs.

La semaine dernière la FDSEA soutenait les éleveurs et les salariés du site de Cherbourg devant le tribunal
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E.C.
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Pascal Férey et Hervé Marie, "Cherbourg doit être pérennisé et repartir du bon pied !"
C’est fait ! L’abattoir de Cherbourg est sauvé. Mardi matin, le tribunal de commerce a désigné comme repreneur Daniel Poussard, professionnel du négoce, installé à Héauville. Dans la corbeille, notre homme apporte 150 000 euros dans le but de “pérenniser l’entreprise”, il compte maintenir, du moins dans un premier temps, la Sarl Anne (ancien propriétaire du site). Dans le même temps, un directeur a été recruté, ce dernier a notamment été en charge de l’abattoir Socopa d’Épinal (Vosges). Cet élément pourrait d’ailleurs être celui qui a fait pencher la balance en faveur du dossier “Poussard”, outre le fait de reprendre 23 salariés. Désormais, la priorité du repreneur est de faire agréer au plus vite la salle de découpe par la DSV afin que l’activité reprenne rapidement.
300 000 euros de dette
Les producteurs de bovins, eux, étaient bien sûrs dans l’expectative depuis l’annonce des difficultés de la SARL Anne. L’ardoise impayée à ces mêmes producteurs se monte, selon les dirigeants de la FDSEA, à 300 000 euros, soit une moyenne de 1000/1600 euros par éleveur. Afin de faire monter la pression auprès des repreneurs (ils étaient deux au départ), la FDSEA, les Jeunes Agriculteurs de la Manche et les agriculteurs lésés n’ont pas hésité à monter, en milieu de semaine dernière, à Cherbourg pour manifester devant le tribunal de commerce, en compagnie des salariés. Pascal Férey et Hervé Marie, respectivement Président et secrétaire général de la FDSEA, avaient même lancé un avertissement, “nous voulons des garanties sur les offres de reprise afin que les éleveurs ne soient pas oubliés avec un échéancier à la clé. Dans le cas contraire, il n’y aura plus un seul animal mis à l’abattoir. Hors de question que les agriculteurs soient, une fois de plus, la variable d’ajustement”.
Rencontre avec le sous-préfet
Dans la foulée du jugement, la FDSEA a rencontré le sous-préfet de Cherbourg, Raymond Cervelle. A l’issue de la rencontre, Hervé Marie indiquait, “j’ai demandé dans un premier temps que la liste des agriculteurs concernés par un non-paiement soit dressée ainsi que le montant exact de la dette. Le plus urgent, c’est de contacter les opérateurs bancaires et la Mutualité Sociale Agricole, afin que les éleveurs ne soient pas pénalisés. Nous leur demandons d’étaler la dette de leurs clients ou adhérents”.
Daniel Poussard, s’il ne reprend pas les créances “élevage” semble conscient des difficultés vécues par la profession agricole. “Il veut se mettre autour d’une table et discuter. Mais, à la FDSEA, nous voulons mettre tout le monde autour de cette table, collectivités territoriales, communauté de communes de Cherbourg, ainsi que le Conseil Régional afin que les éleveurs soient payés des animaux pris par la Sarl Anne qui gérait l’abattoir”. Concrètement, Daniel Poussard ne ferme pas la porte aux éleveurs lésés, mais il y a fort à parier que ce sont l’ensemble des collectivités qui effaceront l’ardoise. Reste que l’abattoir de Cherbourg est indispensable, non seulement aux producteurs de bovins mais aussi comme service de proximité.Pour la FDSEA, Cherbourg doit s'améliorer
La semaine dernière, avant la décision du tribunal de commerce de Cherbourg, le président et le secrétaire général de la FDSEA manchoise tapaient du poing sur la table. “Les abattoirs de proximité, comme celui de Cherbourg font partie quelque part du service public. Or, l’on s’aperçoit que ceux-ci connaissent de plus en plus de difficultés. Celui de Saint-Lô a disparu, A Vire il manque du volume ainsi que sur le site de Cherbourg. Il serait bon que les agriculteurs, les professionnels de la filière et les politiques réfléchissent à un abattoir sur le sud et le centre-Manche, plus moderne, plus rentable. Nous regrettons d’ailleurs que Jean-Karl Deschamps, vice-président du Conseil régional en charge de l’agriculture soit d’un silence assourdissant sur le sujet. La région doit absolument aider les abattoirs, car en les soutenant elle soutiendra la filière bovine”.
E.C.