AGRIAL volailles
Répercuter la hausse des coûts de production
Face à l’envolée du prix des matières premières, les élus des filières volailles d’AGRIAL réclament une revalorisation dans les linéaires.

Que ce soit pour la volaille standard ou label, les deux présidents de filière AGRIAL, Gaston Havard et Olivier Foucault, revendiquent la même attente. “Il y a urgence à répercuter la hausse des coûts de production sur les prix à la consommation tout en indiquant que nous sommes loin de la démesure. En effet, il faudrait revaloriser le poulet standard de 20 centimes par kg. Quant au poulet label, la hausse nécessaire serait de l’ordre de 30 centimes par kg. Avec une consommation annuelle moyenne de 25 kg de volaille par habitant, cela représente moins de 8 e par an pour le consommateur. Il faut avoir ces chiffres à l’esprit pour relativiser le discours ambiant autour du pouvoir d’achat”. Un “pan sur le bec” des pouvoirs publics relayé par Gilbert Herpe. Le président d’AGRIAL s’étonne en effet que l’Etat ne
s’émeuve pas plus que cela, voire légitimise des hausses comme celles du gaz ou de l’électricité. Mais quand il s’agit du panier de la ménagère : “touche pas au pouvoir d’achat du consommateur”.
Moins de 8 e/an
Un consommateur qui consacre un budget de moins en moins important pour se nourrir. Il lui suffirait pourtant de faire un geste de 8 e/an (le prix d’un paquet de cigarettes) pour jouer le jeu du commerce équitable à la française. Voire sauver son emploi pour ceux qui travaillent dans l’agroalimentaire dans sa globalité. En effet, cette problématique ne concerne pas uniquement la volaille. Le porc, la viande bovine, le lait (...), autant de filières qui réclament que la hausse des coûts de production se traduisent en amont. “On arrive à une rémunération de notre travail de 30 e de l’heure. Ce n’est pas assez”, commentait un des producteurs. De quoi se décourager et contre-carrer le plan d’aides à la création, à la reprise et à la rénovation des bâtiments voulu par AGRIAL. Un plan qui porte ses fruits puisque l’objectif des 55 000 m2 a été atteint. La coopérative lui a consacré plus de 700 000 e sur deux ans.
Le label
Sur le 11 premières périodes 2010, les mises en place de poulets label ont baissé de 2 % pour terminer l’année à - 3 %. La tendance d’une orientation de la consommation vers le poulet jaune se confirme avec une progression des mises en place de 4 % en moyenne sur les deux dernières années. La pintade continue sa chute avec une diminution de mises en place de 2 % sur 10 mois et un point de chute 2010 à - 5 %. L’activité du groupement est identique par rapport à N - 1. Cette année encore, c’est surtout le manque de bâtiments qui a conditionné l’activité et non pas le marché. On retrouve aussi cette nouvelle orientation vers le poulet jaune avec une croissance de 1,68 %
en tonnage.
Le standard
La dinde continue son repli. Cette diminution est particulièrement marquée sur la période estivale ainsi qu’en toute fin d’année. Le manque de bâtiments, plus que le marché, est le principal facteur d’explication. A l’inverse, le poulet continue de progresser. Il bénéficie d’une demande soutenue en raison de l’intérêt du prix de cette viande qui est très compétitif par rapport aux autres viandes, y compris par rapport aux autres catégories de volailles. Dans ce contexte, l’activité du groupement est en retrait par rapport à l’an dernier de 0,9 % en tonnage. Le manque de bâtiments et la baisse de productivité de certains d’entre eux n’a pas permis d’accompagner la demande des abattoirs.