Conseil régional
“SOS Fourrages” : 500 000 e au compte de la sécheresse 2010
Au titre de l’opération “SOS Fourrages”, initiée au printemps, le Conseil régional va verser 500 000 e à 854 exploitations éligibles.

L’enveloppe initiale était de 125 000 e. Elle a finalement été multipliée par 4 pour atteindre 500 000 e “mais la région n’ira pas plus loin”, a indiqué Laurent Beauvais, président du Conseil régional, lors d’un bilan de l’opération “SOS Fourrages”. Réponse à la sécheresse 2010, ce dispositif consistait en une aide financière pour atténuer “le surcoût d’achats fourragers effectués entre le 1er février et le 31 mars 2011 par les éleveurs de ruminants confrontés à des stocks de nourriture insuffisants”.
Plafonnée à 1 000 e et indexée selon le pourcentage d’herbe dans l’assolement, cette aide a trouvé son public avec 854 demandes éligibles, principalement dans l’Orne et la Manche (voir graphique) représentant l’achat de 26 000 t de fourrages (dont 15 770 t de paille) au cours de cette période.
Et pour cette année ?
Mais à peine cette petite bouffée d’oxygène aspirée que le spectre d’une sécheresse 2011, encore plus dévastatrice qu’en 2010, se confirme de jour en jour. Les dégâts sont déjà constatés en terres légères pour les céréales sans parler du lin pour lequel de nombreuses parcelles ne seront pas arrachées. Sur le front des fourrages, la situation est également très inquiétante. Pas de repousse d’herbe et “un déficit en paille de 30 % à ce jour”, pronostique Daniel Génissel. Le président de la CRAN (Chambre Régionale d’Agriculture) invite d’ailleurs les agriculteurs, dans la mesure du possible, à ne pas les broyer lors de la moisson avant d’avancer une base de négociation pour moraliser le marché : “la valeur agronomique”, soit de l’ordre de 25 e/t.
Quant à François Dufour, en charge des questions agricoles au Conseil régional, il appelle l’ensemble de la profession à se mobiliser et à se serrer les coudes afin d’établir un état des lieux pour, ensuite, organiser la solidarité. Il avance également l’idée de récolter tous les fourrages. Y compris ceux des domaines publics. Malheureusement, les pelouses de l’Abbaye-aux-Dames, tondues au printemps, sont aujourd’hui grillées.