Grande distribution
Sous le vernis du papier glacé : des prix au kg ou au litre qui varient du simple au double
Opération “promotions de rentrée” dans la grande distribution. Sous le vernis d’un papier glacé qui vous arrive dans la boîte aux lettres, mieux vaut regarder le prix au kg ou au litre que les 70 % de réduction sur la 2e barquette. Décryptage.

Des offres jamais vues pour l’un qui affirme haut et fort : “la confiance est là”. Pour l’autre, c’est opération “2+1 gratuit, le positif est de retour”. Deux magazines promotionnels de grandes surfaces arrivés ensemble dans la même boîte aux lettres mi-septembre. 36 pages et 47 g de papier pour l’enseigne A. 72 pages et 125 g pour l’enseigne B qui indique en dernière page que “pour ne plus recevoir de catalogues dans votre boîte aux lettres, vous pouvez venir retirer un autocollant”. Où ça ? “A l’accueil de votre magasin”. Grand prince !
Où vais-je aller faire mes courses samedi prochain ?
Pour la ménagère et quel que soit son âge, la question se pose. “Où vais-je aller faire mes courses samedi prochain ?” Et bien, dans les deux enseignes Madame. Certes, ces quatre produits sortis de ce catalogue et pris au hasard, n’ont pas valeur de sondage. Cette petite enquête montre cependant que nulle enseigne ne dispose du monopole du “moins cher”. On s’en doutait un peu encore faut-il comparer ce qui est comparable (pas toujours facile au vu des informations communiquées sur les produits) en ramenant les prix au kg ou au litre.
Différentiel : pour qui ?
A travers ce casse-tête, toute la question de la répartition de la marge se pose. Si l’on considère une base 100 pour chacun de ces quatre produits les moins chers, son pendant (le plus cher) atteint respectivement 122, 160, 167 et 193. Presque du simple au double à la caisse.
Sachant qu’un distributeur n’a pas le droit de vendre à perte, on peut considérer que, quand il commercialise un produit d’appel, à prix coûtant, il se refait largement la cerise par ailleurs.
On peut comprendre dans ces conditions le peu d’empressement de la grande distribution à montrer, au syndicalisme agricole, ses factures d’approvisionnement. Sa compassion envers les agriculteurs, “on comprend les difficultés des éleveurs”, lors d’opération de stickage prend un drôle de goût. 140 e/1 000 l de marge supplémentaire pour du lait UHT, 360 e/1 000 l pour un produit plus élaboré comme un fromage, “c’est quand qu’on fait la partage ?”