Calvados
Stéphane Pasquet : psychologiquement, c’est ça le plus dur
Calvados
Stéphane Pasquet a obtenu son autorisation d’exploiter sur son nouveau site de Montchamp (Calvados) le 1er janvier 2012. Administrativement, ça s’est plutôt bien passé mais les pressions venues de parfois “on ne sait où” ont été psychologiquement dures à encaisser.

"Je ne veux pas spécialement parler de moi mais si j’accepte de témoigner, c’est pour expliquer les difficultés que rencontrent tous les éleveurs de porcs. Le consommateur veut du VPF (Viande Porcine Française), du cochon bien de chez nous mais pas d’élevage à côté de chez lui”. D’emblée, Stéphane Pasquet (responsable de la commission porcine de la FDSEA du Calvados) plante le décor. “Il faut nous donner les moyens de rester sur le marché. C’est une question de volonté politique. Mais pour le porc, ils ne mouillent pas leur chemise”. A quelques jours du premier tour des législatives, le message est lancé à tous les candidats à la députation.
Achat en 2009 autorisation en 2012
Stéphane Pasquet s’est installé en 1996 à Ste-Marie-Laumont grâce au RDI (Répertoire Départ Installation). Sélectionneur avec 150 truies et un salarié. Un élevage existant mais vieillissant aussi. Quelques années plus tard, la question s’est posée : “puis-je tenir encore 20 ans dans ces conditions ?” La réponse a été “non”. Encore fallait-il trouver la bonne solution. Rénover l’existant tout en agrandissant ou chercher meilleure fortune ailleurs ? Une opportunité s’est offerte. Le site SOFIVO (centre de transit de veaux avec 3 étables) basé à Montchamp, à 15 km de son atelier, est à vendre. Stéphane Pasquet fait affaire et achète les bâtiments en 2009. Il ouvre alors son dossier “autorisation d’exploiter”.
Il vient de l’obtenir le 1er janvier dernier. C’est un peu long mais ce n’est peut-être pas fini. Les “anti-cochons” disposent d’un an pour faire appel. Une véritable épée de Damoclès sur la tête de nombreux éleveurs.
10 % de pertinents et 90 % d’impertinents
Une enquête publique est ouverte. Le dossier en mairie est consultable par chacun. Stéphane Pasquet a reçu une cinquantaine de visites, individuelles ou collectives. “10 % d’entre-elles faisaient l’objet de remarques pertinentes. Par exemple, l’existence d’un puits dans une parcelle que je ne connaissais pas. J’ai donc modifié mon plan d’épandage en conséquence”. D’accord donc pour discuter avec les voisins susceptibles d’être impactés. Stéphane Pasquet a revu sa copie et a fait des concessions qu’il juge légitimes. “Je me suis engagé à traiter ponctuellement les odeurs en cas de gêne. J’ai modifié l’évacuation du lisier. J’ai planté une haie autour du site. J’ai acheté un enfouisseur,” liste-t-il. Autant de signes tangibles de bonne volonté et qui ont de quoi rassurer les 10 %.
Restent les 90 %. Des “contre” systématiques. Notre éleveur a eu droit à sa manifestation. “Cette exposition à la vindicte populaire et médiatique a été psychologiquement dure à vivre”, avoue-t-il. Mais il a tenu parce qu’il aime cette production ou tout simplement parce qu’il était dans son droit. Cette expérience n’est pas étrangère à son engagement syndical. “Dans la coopération, à la DDT (...), les producteurs de porcs doivent assumer leur part de responsabilité”. Auprès des politiques aussi. L’amendement Le Fur visant à aligner les seuils français d’autorisation d’exploiter aux normes européennes a été adopté pour les volailles, pour les vaches laitières mais retoqué pour les porcs. “On n’accepte plus la production porcine sur notre territoire”, lâche un brin dépité notre éleveur. La volonté politique existe pourtant mais en Allemagne, pas en France. Des Allemands qui, avec leurs politiques sociale, environnementale mais aussi énergétique taillent de gros jambons au cochon Français. Une distorsion de concurrence qui pourrait faire sonner le glas dans certains territoires. Notamment là où la densité porcine est faible car personne ne viendra soutenir un projet esseulé. Un autre paradoxe. Là où les producteurs sont nombreux, la où la production pourrait sembler à saturation, le rapport de force est plus équilibré. Dommage car il y a encore de la place pour le développement porcin dans le Calvados. Il ne fallait à Stéphane que 180 ha pour son plan d’épandage. Il en a trouvé 360. “Le lisier n’est pas un déchet, c’est un amendement organique naturel”, en guise d’explication.
Achat en 2009 autorisation en 2012
Stéphane Pasquet s’est installé en 1996 à Ste-Marie-Laumont grâce au RDI (Répertoire Départ Installation). Sélectionneur avec 150 truies et un salarié. Un élevage existant mais vieillissant aussi. Quelques années plus tard, la question s’est posée : “puis-je tenir encore 20 ans dans ces conditions ?” La réponse a été “non”. Encore fallait-il trouver la bonne solution. Rénover l’existant tout en agrandissant ou chercher meilleure fortune ailleurs ? Une opportunité s’est offerte. Le site SOFIVO (centre de transit de veaux avec 3 étables) basé à Montchamp, à 15 km de son atelier, est à vendre. Stéphane Pasquet fait affaire et achète les bâtiments en 2009. Il ouvre alors son dossier “autorisation d’exploiter”.
Il vient de l’obtenir le 1er janvier dernier. C’est un peu long mais ce n’est peut-être pas fini. Les “anti-cochons” disposent d’un an pour faire appel. Une véritable épée de Damoclès sur la tête de nombreux éleveurs.
10 % de pertinents et 90 % d’impertinents
Une enquête publique est ouverte. Le dossier en mairie est consultable par chacun. Stéphane Pasquet a reçu une cinquantaine de visites, individuelles ou collectives. “10 % d’entre-elles faisaient l’objet de remarques pertinentes. Par exemple, l’existence d’un puits dans une parcelle que je ne connaissais pas. J’ai donc modifié mon plan d’épandage en conséquence”. D’accord donc pour discuter avec les voisins susceptibles d’être impactés. Stéphane Pasquet a revu sa copie et a fait des concessions qu’il juge légitimes. “Je me suis engagé à traiter ponctuellement les odeurs en cas de gêne. J’ai modifié l’évacuation du lisier. J’ai planté une haie autour du site. J’ai acheté un enfouisseur,” liste-t-il. Autant de signes tangibles de bonne volonté et qui ont de quoi rassurer les 10 %.
Restent les 90 %. Des “contre” systématiques. Notre éleveur a eu droit à sa manifestation. “Cette exposition à la vindicte populaire et médiatique a été psychologiquement dure à vivre”, avoue-t-il. Mais il a tenu parce qu’il aime cette production ou tout simplement parce qu’il était dans son droit. Cette expérience n’est pas étrangère à son engagement syndical. “Dans la coopération, à la DDT (...), les producteurs de porcs doivent assumer leur part de responsabilité”. Auprès des politiques aussi. L’amendement Le Fur visant à aligner les seuils français d’autorisation d’exploiter aux normes européennes a été adopté pour les volailles, pour les vaches laitières mais retoqué pour les porcs. “On n’accepte plus la production porcine sur notre territoire”, lâche un brin dépité notre éleveur. La volonté politique existe pourtant mais en Allemagne, pas en France. Des Allemands qui, avec leurs politiques sociale, environnementale mais aussi énergétique taillent de gros jambons au cochon Français. Une distorsion de concurrence qui pourrait faire sonner le glas dans certains territoires. Notamment là où la densité porcine est faible car personne ne viendra soutenir un projet esseulé. Un autre paradoxe. Là où les producteurs sont nombreux, la où la production pourrait sembler à saturation, le rapport de force est plus équilibré. Dommage car il y a encore de la place pour le développement porcin dans le Calvados. Il ne fallait à Stéphane que 180 ha pour son plan d’épandage. Il en a trouvé 360. “Le lisier n’est pas un déchet, c’est un amendement organique naturel”, en guise d’explication.