Cinema
Sur grand écran : des vaches au pré et de près !
Elles tiennent un rôle principal. Elles sont actrices Elles s’affichent sur grand écran. Elles sont filmées au naturel. Derrières “elles”, se cachent les vaches Charolaises de 3 éleveurs du Calvados. L’un deux, Emmanuel Leboucq témoignera à l’issue de la diffusion du documentaire au cinéma d’Aunay-sur-Odon, le 23 novembre.

“Bovines ou la vraie vie des vaches”, raconte le quotidien d’un troupeau de charolaise. Emmanuel Gras, le réalisateur, a notamment planté sa caméra dans les champs d’Emmanuel Leboucq. L’agriculteur est installé à Esson, au cœur de la Suisse Normande. Ce cadre a séduit le cinéaste. Dans une interview en ligne sur le site internet du journal Libération, le réalisateur indique : “Tout d'abord, je cherchais des vaches allaitantes, par opposition aux vaches à lait. Ensuite, j'ai plus fait un casting de paysages qu'un casting de troupeau. C'est-à-dire que j'ai cherché des champs dont le paysage me plaisait. Je suis allé voir des éleveurs d'une toute petite région, qui s'appelle la Suisse Normande en Basse-Normandie. Ils avaient tous des vaches charolaises qui correspondaient très bien à ce que je cherchais. Des vaches qui ne soient pas exceptionnelles, des vaches telles qu'elles existent dans l'imaginaire”. Le réalisateur a ainsi filmé le point de vue des vaches. Le film sera l’un des attractions du “week-end rural” organisé au cinéma Paradisio.
« Un parisien à la cool et bohème »
Emmenuel Leboucq, installé à Esson, se souvient de sa première rencontre avec Emmanuel Gras. “C’était il y a deux ans. Il voulait filmer des vêlages. On lui a expliqué qu’on ne pouvait pas les déclencher, ni prendre rendez-vous. C’est un parisien, mais c’est surtout un gars cool et bohème”, s’amuse l’éleveur. Le réalisateur est passé par la Chambre d’agriculture qui a ciblé un pré-casting. Au final, trois fermes ont été sélectionnées dans un périmètre de 10 kilomètres. Les élevages Leboucq-Dumesnil-Courval ont été retenus. Avant d’accepter, Emmanuel Leboucq avoue une légère hésitation avant d’accepter. “J’avais peur que ça me prenne du temps. Mais au final, notre quotidien a été simplement filmé, sans aucune mise en scène. On oublie rapidement la caméra. Et le réalisateur a vite pris ses marques. Il est resté de nombreuses heures dans les champs et les vaches l’ont un peu adopté”.
Un autre regard sur sa ferme
Avec ce film, Emmanuel Leboucq n’est pas devenu le nouveau Paul Bedel. Et pour cause, le rôle des humains reste secondaire dans le film. Pas de voix off, pas de musique, pas de scénario : les vaches créent leur histoire. Via le documentaire, l’éleveur a observé ses animaux avec un œil neuf. “J’ai découvert qu’une de mes vaches secouait une branche de pommier pour faire tomber les fruits, et ensuite les manger. Après le visionnage, j’ai aussi prêté plus attention à la nature avec les toiles d’araignées dans les barbelés ou les gouttes qui provoquent des variations et des ondulations dans les flaquess d’eau. Pendant une heure, on n’écoute que les bruits de la nature. C’est déstabilisant pendant les premières minutes. Puis on se plait à observer son quotidien avec un autre point de vue, celui des vaches”.
A découvrir.
Films à l’affiche les 23 et 24 novembre
- “Petites éclosions” (2008 - 48 mn - Animation - De Philippe Jullien, Jérôme Boulbès, Olivier Pesch)
- La ferme des animaux (GB - 1993 - 1 h 13 Animation - De John Halas, Joy Batchelor).
- La Saga des paysans de la Manche de 1945 à nos jours (2010 - France - 2 épisodes de 52 mn - Documentaire de Thierry Durand)