Terres agricoles : un parc d’activité foncièrement vide
A Soliers, une quarantaine d’hectares ont été prélevés à l’agriculture. Objectif : créer une zone d’activité. L’endroit conviendrait à l’enseigne Carrefour pour y installer son centre logistique. Mais, une partie des élus de la communauté de communes s’y opposent.

A Soliers, près de 40 hectares ont été préemptés pour créer une zone d’activité. Reste maintenant à savoir comment les utiliser. Un projet nécessitant une vingtaine d’hectares a été refusé par la communauté de communes de Plaine Sud. Une situation qui irrite Jean-Yves Heurtin, le président de la FDSEA du Calvados : “Nous ne sommes pas opposés au développement économique. Bien au contraire. À condition que ces projets soient générateurs d’emploi de façon conséquente. Concernant Soliers, 40 hectares ont été retirés à l’agriculture pour créer de l’activité économique. Si le projet ne se construit pas dans cette zone qui est réservée à cet effet, d’autres communes voudront transformer des terres agricoles en zone à urbaniser, et celle de Soliers demeurera vide. Je ne veux pas qu’on crée de nouvelles zones si des terres déjà classées urbanisables ne sont pas rendues à l’agriculture. Aujourd’hui plusieurs centaines d’hectares sont déjà réservés à l’activité économique et à l’habitat autour de Caen”.
Logidis devra déménager
Logidis veut déménager. Ses locaux situés à Carpiquet sont devenus obsolètes. L’entreprise, qui s’occupe de la logistique de Carrefour, recherche donc une vingtaine d’hectares. La structure est appelée à grossir. Elle emploie déjà 500 personnes et d’autres embauches sont programmées. Le chiffre de 200 emplois supplémentaires est évoqué. “L’agglomération de Caen souhaite garder cette entreprise dans le secteur”, explique Xavier Hay, agriculteur et maire adjoint de Tilly-la-Campagne. Cette dernière est membre de la communauté de commune, mais ne partage pas la position de la majorité. Jusqu’aux dernières élections, le projet semblait pourtant sur de bons rails. Mais, le président de la communauté de communes a changé. Le trafic routier généré semble avoir freiné le projet.
Un débat sur le terrain
Sur le terrain, les habitants favorables au projet s’organisent. Une pétition a recueilli 1 500 signatures. Les communes de Tilly-la-Campagne, Hubert-Folie et Grentheville s’unissent. Ils s’opposent à Soliers et Bourguébus qui détiennent la majorité au conseil communautaire. La manne financière n’est pas négligeable. Elle serait comprise entre 80 et 266 000 euros par an. “En tant qu’agriculteur, je constate que le projet est concentré. C’est également intéressant qu’un site lié au secteur agroalimentaire demeure dans notre bassin de production”.