Aménagement paysager
Un atout pour l’accueil à la ferme
Aménagement paysager
Aménager les abords de son exploitation est un travail indispensable lorsque l’on pratique une activité d’accueil à la ferme (vente directe, chambre d’hôte…).

Soigner l’entrée de son exploitation
©
DR

Mise en valeur d’une mare et de la cour de ferme.

Massif paillé avec des plaquettes bois issues de l’entretien des haies bocagères.
Rendre les abords de son exploitation attrayants est l’une des données clés du succès commercial. Ces travaux permettent également d’améliorer son propre cadre de vie. L'objectif est de valoriser les caractéristiques locales de son exploitation (architecture, essences locales, haies, alignements, vergers...). Des abords de ferme aménagés favorisent également le bon fonctionnement de l'exploitation. Cela passe avant tout par une réflexion globale et par le respect de certaines règles de fonctionnement.
Organiser ses aménagements
Lors de la mise en place d’un projet d’aménagement paysager de nombreuses questions se posent. Par où commencer ? Comment trouver l’harmonie sans faire d’erreurs ? Que conserver ? Que modifier ? Comment mettre en valeur la spécificité d’un lieu, valoriser son histoire ? S’adapter aux besoins modernes ?
Pour élaborer son aménagement, la première étape consistera à faire l'état des lieux des abords de la ferme. Le premier regard ne doit pas être au sein de l'exploitation mais plutôt depuis les points où l'exploitation est perçue (vis-à-vis du centre de la commune, des villages proches, des axes de circulation, des voisins...). L'exploitation doit s'inscrire dans un paysage existant qu'il est essentiel d'étudier afin de mieux y intégrer son aménagement. Il faut donc analyser avec minutie le paysage (bocage, vallée, littoral...).
L'entrée de la ferme est donc un des points à privilégier. Bien qu'il s'agisse d'une image partielle, elle reste déterminante. Cet aménagement peut aussi être conçu pour créer un repère visuel. Si cela s’avère nécessaire, planter au niveau de l'entrée ou le long du chemin d'accès permet de repérer l’entrée et de signaler son activité.
Le végétal offre de nombreuses possibilités en fonction des espèces et de la disposition retenue (alignements, vergers...). Les végétaux offrent une variété importante dans les volumes, les couleurs, les hauteurs, la densité, tout en évoluant dans le temps. L’installation de structures complémentaires ou temporaires (treilles, clôtures en bois…) peut aussi pallier dans un premier temps au manque de végétaux puis ensuite se confondre avec eux avec le temps.
Séparer l'accès de l'habitation de celui de l'exploitation permet de gagner en propreté et en sécurité. L'idéal est de différencier l'accès de l'exploitation de celui de la maison d'habitation. L'entrée doit être agréable et attractive. Ce qui n'est pas toujours compatible avec le passage régulier d'engins. L'organisation des circulations sur la ferme doit permettre le déroulement des activités dans les meilleures conditions. L'aménagement doit faciliter les déplacements et les dessertes entre les bâtiments, les stockages, la maison d'habitation et les lieux d'accueil. Ces circulations doivent avoir des emprises délimitées, prévoir des aires de stationnement et prendre en compte les plantations de bords de chemin qui intègrent les bâtiments et améliorent le cadre de vie.
Soigner l’entrée de son exploitation
La cour de ferme doit être à l'image de la qualité d'accueil recherchée mais aussi de son propre cadre de vie et de travail. Son aménagement doit valoriser l'architecture traditionnelle des bâtiments. Il faut également penser au temps qui peut être consacré à l'entretien de ces espaces aménagés. Souvent, il faudra veiller à rechercher ce qui est simple. Ce qui rejoint également l'intérêt de composer son aménagement en fonction de l'environnement local. Parfois, une simple bande engazonnée suffit pour rompre avec l'ambiance peu accueillante d'une cour trop minéralisée. Quelques arbres peuvent suffire à adoucir la perception d'un bâtiment trop imposant ou proche du lieu d’accueil.
Choisir des matériaux adaptés
Le végétal joue de multiples rôles. Un arbre isolé peut servir de repère visuel. En groupe, les arbres et arbustes mettent en valeur un corps de ferme, délimitent les espaces, masquent une vue, guident un regard, filtre le bruit, protège du vent... L'objectif sera bien d'accompagner harmonieusement l'exploitation en la reliant aux éléments naturels. L'important est de les choisir et de les placer en fonction des accès, des circulations et de la spécificité des lieux (cour exposée aux vents dominants, entrée difficile à repérer, glacis difficile à entretenir...). Pour ne pas générer de rupture, le choix des végétaux pour composer ces plantations devra être adapté aux espèces locales. De part leur forme, leur couleur où leur taille, les plantations de résineux s'insèrent mal dans nos paysages bocagers. Les structures végétales trop monotones et linéaires seront à éviter (Peuplier d'Italie).
Dans notre région, la plantation de fruitiers tels que des Pommiers peut facilement accompagner le bâti au paysage.
L'eau (mares, ruisseau, sources) est également un point d'attraction, de loisirs et de détente intéressant à mettre en valeur.
Mise en valeur d’une mare et de la cour de ferme
La pierre renforce le caractère d'une ferme, son appartenance à un terroir. C'est aussi un témoin de savoir-faire traditionnel (murets de clôture construits en pierre sèche ou avec un liant, mûrs de soutènement, dallages).
Le bois est un matériau très présent dans les campagnes. Barrières, clôtures et portails s'intègrent facilement dans le paysage. Leur mise en oeuvre est simple et peu onéreuse. Pour la construction ou la rénovation de bâtiments, le bois présente l’intérêt de se mélanger facilement avec d'autres matériaux.
Au-delà de ces utilisations classiques, le bois peut être utilisé comme paillage. Dans ce cas, il présente de multiples avantages comparés aux habituelles bâches plastiques. Le bois apporte une touche d'esthétisme et de douceur bien supérieure au plastique. Le paillage avec des copeaux de bois issus des haies bocagères est biodégradable et contribue également à valoriser l'entretien des haies. Il restitue de la matière organique et des nutriments au sol. Pour être efficace, il est important de couvrir le sol avec une épaisseur supérieure d'environ 12 centimètres et de le renouveler régulièrement.
Massif paillé avec des plaquettes bois issues de l’entretien des haies bocagères
Ces dernières années, la réorganisation des exploitations s'est souvent accompagnée de constructions de bâtiments aux tailles parfois importantes. Le bâti agricole joue aujourd'hui un rôle important dans la composition d'un paysage rural. Les bâtiments modernes ont des caractéristiques propres (volumes, couleurs, type de bardages...) qui peuvent créer une rupture avec l'habitat existant. Les ouvrages annexes (fosses, silos...) ne facilitent pas leur insertion. L'intégration d'un bâtiment dépend de l'aménagement des abords mais aussi de sa conception. L'objectif de l'intégration paysagère est d'établir une continuité avec l'environnement immédiat. Il ne s'agit pas de cacher les bâtiments mais bien de leur donner une place dans le paysage. Il ne faut pas confondre insertion paysagère et fleurissement. Fleurir reste un choix personnel qui peut être réalisé dans une deuxième phase. Dans un premier temps, c'est l'adaptation du site et du terrain avec le projet qui doit être recherchée.
Au-delà des contraintes réglementaires et techniques, il est préférable de tenir compte de la topographie des lieux en utilisant au maximum les courbes de niveau. L'orientation d'une construction par rapport aux lignes de pentes a une incidence sur son impression de naturel. Par exemple, les lignes de crêtes sont à éviter. La conception architecturale du projet est également une étape importante (type de bâtiment, choix des matériaux, harmonie des couleurs...).
L'absence totale de végétation autour d'un bâtiment donnera l'impression qu'il est posé artificiellement sur le paysage. L'entourer de haies ne devra pas être systématique. Dans les situations où le bocage est absent, il faudra même éviter pour ne pas donner l'impression de cacher le bâtiment. Par contre, des éléments discontinus (portion de haies, alignements d'arbres, bosquets...) placés en fonction des accès, des circulations, des vents dominants, créeront une continuité avec l'environnement
Un aménagement paysager réussi est un atout important pour valoriser son activité d’accueil à la ferme. Ce travail d’aménagement contribuera également à améliorer sa qualité de vie et l’organisation de son travail. Il faudra néanmoins veiller à adapter ses aménagements en fonction du temps qu’il sera possible de consacrer pour les entretenir. Pour cela, une réflexion globale s'impose. Notamment dans la phase du diagnostic, où il apparaît important de prendre l’avis d’un professionnel qui permettra de poser un regard complet et objectif afin de proposer des solutions de qualité et fonctionnelles.
Stéphane PESTEL
Chambre d'Agriculture de la Manche2 Journées de formation avant de se lancer
• La Chambre d'Agriculture de la Manche organise prochainement 2 journées de formation pour apprendre à aménager les abords extérieurs de son site d'accueil ou de son exploitation agricole : le mardi 2 octobre et le jeudi 18 octobre 2007
Au programme : La mise en valeur de son gîte, son exploitation agricole, l'organisation de son aménagement paysager, la taille des végétaux, l'entretien, le paillage...
RENSEIGNEMENTS ET INFORMATIONS
Service Territoire de la Chambre d'Agriculture de la Manche
.02.33.06.49.91.
Organiser ses aménagements
Lors de la mise en place d’un projet d’aménagement paysager de nombreuses questions se posent. Par où commencer ? Comment trouver l’harmonie sans faire d’erreurs ? Que conserver ? Que modifier ? Comment mettre en valeur la spécificité d’un lieu, valoriser son histoire ? S’adapter aux besoins modernes ?
Pour élaborer son aménagement, la première étape consistera à faire l'état des lieux des abords de la ferme. Le premier regard ne doit pas être au sein de l'exploitation mais plutôt depuis les points où l'exploitation est perçue (vis-à-vis du centre de la commune, des villages proches, des axes de circulation, des voisins...). L'exploitation doit s'inscrire dans un paysage existant qu'il est essentiel d'étudier afin de mieux y intégrer son aménagement. Il faut donc analyser avec minutie le paysage (bocage, vallée, littoral...).
L'entrée de la ferme est donc un des points à privilégier. Bien qu'il s'agisse d'une image partielle, elle reste déterminante. Cet aménagement peut aussi être conçu pour créer un repère visuel. Si cela s’avère nécessaire, planter au niveau de l'entrée ou le long du chemin d'accès permet de repérer l’entrée et de signaler son activité.
Le végétal offre de nombreuses possibilités en fonction des espèces et de la disposition retenue (alignements, vergers...). Les végétaux offrent une variété importante dans les volumes, les couleurs, les hauteurs, la densité, tout en évoluant dans le temps. L’installation de structures complémentaires ou temporaires (treilles, clôtures en bois…) peut aussi pallier dans un premier temps au manque de végétaux puis ensuite se confondre avec eux avec le temps.
Séparer l'accès de l'habitation de celui de l'exploitation permet de gagner en propreté et en sécurité. L'idéal est de différencier l'accès de l'exploitation de celui de la maison d'habitation. L'entrée doit être agréable et attractive. Ce qui n'est pas toujours compatible avec le passage régulier d'engins. L'organisation des circulations sur la ferme doit permettre le déroulement des activités dans les meilleures conditions. L'aménagement doit faciliter les déplacements et les dessertes entre les bâtiments, les stockages, la maison d'habitation et les lieux d'accueil. Ces circulations doivent avoir des emprises délimitées, prévoir des aires de stationnement et prendre en compte les plantations de bords de chemin qui intègrent les bâtiments et améliorent le cadre de vie.
Soigner l’entrée de son exploitation
La cour de ferme doit être à l'image de la qualité d'accueil recherchée mais aussi de son propre cadre de vie et de travail. Son aménagement doit valoriser l'architecture traditionnelle des bâtiments. Il faut également penser au temps qui peut être consacré à l'entretien de ces espaces aménagés. Souvent, il faudra veiller à rechercher ce qui est simple. Ce qui rejoint également l'intérêt de composer son aménagement en fonction de l'environnement local. Parfois, une simple bande engazonnée suffit pour rompre avec l'ambiance peu accueillante d'une cour trop minéralisée. Quelques arbres peuvent suffire à adoucir la perception d'un bâtiment trop imposant ou proche du lieu d’accueil.
Choisir des matériaux adaptés
Le végétal joue de multiples rôles. Un arbre isolé peut servir de repère visuel. En groupe, les arbres et arbustes mettent en valeur un corps de ferme, délimitent les espaces, masquent une vue, guident un regard, filtre le bruit, protège du vent... L'objectif sera bien d'accompagner harmonieusement l'exploitation en la reliant aux éléments naturels. L'important est de les choisir et de les placer en fonction des accès, des circulations et de la spécificité des lieux (cour exposée aux vents dominants, entrée difficile à repérer, glacis difficile à entretenir...). Pour ne pas générer de rupture, le choix des végétaux pour composer ces plantations devra être adapté aux espèces locales. De part leur forme, leur couleur où leur taille, les plantations de résineux s'insèrent mal dans nos paysages bocagers. Les structures végétales trop monotones et linéaires seront à éviter (Peuplier d'Italie).
Dans notre région, la plantation de fruitiers tels que des Pommiers peut facilement accompagner le bâti au paysage.
L'eau (mares, ruisseau, sources) est également un point d'attraction, de loisirs et de détente intéressant à mettre en valeur.
Mise en valeur d’une mare et de la cour de ferme
La pierre renforce le caractère d'une ferme, son appartenance à un terroir. C'est aussi un témoin de savoir-faire traditionnel (murets de clôture construits en pierre sèche ou avec un liant, mûrs de soutènement, dallages).
Le bois est un matériau très présent dans les campagnes. Barrières, clôtures et portails s'intègrent facilement dans le paysage. Leur mise en oeuvre est simple et peu onéreuse. Pour la construction ou la rénovation de bâtiments, le bois présente l’intérêt de se mélanger facilement avec d'autres matériaux.
Au-delà de ces utilisations classiques, le bois peut être utilisé comme paillage. Dans ce cas, il présente de multiples avantages comparés aux habituelles bâches plastiques. Le bois apporte une touche d'esthétisme et de douceur bien supérieure au plastique. Le paillage avec des copeaux de bois issus des haies bocagères est biodégradable et contribue également à valoriser l'entretien des haies. Il restitue de la matière organique et des nutriments au sol. Pour être efficace, il est important de couvrir le sol avec une épaisseur supérieure d'environ 12 centimètres et de le renouveler régulièrement.
Massif paillé avec des plaquettes bois issues de l’entretien des haies bocagères
Ces dernières années, la réorganisation des exploitations s'est souvent accompagnée de constructions de bâtiments aux tailles parfois importantes. Le bâti agricole joue aujourd'hui un rôle important dans la composition d'un paysage rural. Les bâtiments modernes ont des caractéristiques propres (volumes, couleurs, type de bardages...) qui peuvent créer une rupture avec l'habitat existant. Les ouvrages annexes (fosses, silos...) ne facilitent pas leur insertion. L'intégration d'un bâtiment dépend de l'aménagement des abords mais aussi de sa conception. L'objectif de l'intégration paysagère est d'établir une continuité avec l'environnement immédiat. Il ne s'agit pas de cacher les bâtiments mais bien de leur donner une place dans le paysage. Il ne faut pas confondre insertion paysagère et fleurissement. Fleurir reste un choix personnel qui peut être réalisé dans une deuxième phase. Dans un premier temps, c'est l'adaptation du site et du terrain avec le projet qui doit être recherchée.
Au-delà des contraintes réglementaires et techniques, il est préférable de tenir compte de la topographie des lieux en utilisant au maximum les courbes de niveau. L'orientation d'une construction par rapport aux lignes de pentes a une incidence sur son impression de naturel. Par exemple, les lignes de crêtes sont à éviter. La conception architecturale du projet est également une étape importante (type de bâtiment, choix des matériaux, harmonie des couleurs...).
L'absence totale de végétation autour d'un bâtiment donnera l'impression qu'il est posé artificiellement sur le paysage. L'entourer de haies ne devra pas être systématique. Dans les situations où le bocage est absent, il faudra même éviter pour ne pas donner l'impression de cacher le bâtiment. Par contre, des éléments discontinus (portion de haies, alignements d'arbres, bosquets...) placés en fonction des accès, des circulations, des vents dominants, créeront une continuité avec l'environnement
Un aménagement paysager réussi est un atout important pour valoriser son activité d’accueil à la ferme. Ce travail d’aménagement contribuera également à améliorer sa qualité de vie et l’organisation de son travail. Il faudra néanmoins veiller à adapter ses aménagements en fonction du temps qu’il sera possible de consacrer pour les entretenir. Pour cela, une réflexion globale s'impose. Notamment dans la phase du diagnostic, où il apparaît important de prendre l’avis d’un professionnel qui permettra de poser un regard complet et objectif afin de proposer des solutions de qualité et fonctionnelles.
Stéphane PESTEL
Chambre d'Agriculture de la Manche2 Journées de formation avant de se lancer
• La Chambre d'Agriculture de la Manche organise prochainement 2 journées de formation pour apprendre à aménager les abords extérieurs de son site d'accueil ou de son exploitation agricole : le mardi 2 octobre et le jeudi 18 octobre 2007
Au programme : La mise en valeur de son gîte, son exploitation agricole, l'organisation de son aménagement paysager, la taille des végétaux, l'entretien, le paillage...
RENSEIGNEMENTS ET INFORMATIONS
Service Territoire de la Chambre d'Agriculture de la Manche
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