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Faits divers
Un jeune agriculteur décède dans l’incendie d’un poulailler à Belfonds

Mercredi 21 avril, le feu s’est déclenché dans un bâtiment de volailles. L’éleveur, installé à Belfonds (61), est décédé. L’enquête est en cours. Ce serait le 4e agriculteur mort par accident dans le département depuis le début de l’année. La réaction de Jean-Yves Guérot, président du groupement Gaévol

Jean-Yves Guérot, président du groupement Gaévol
© JP

Le drame s’est déroulé mercredi 21 avril 2021, vers 16 h. Baptiste Renault, installé près de Sées, est décédé dans l’incendie d’un bâtiment agricole : le feu a pris dans un poulailler de 1 200 m2, où se trouvaient plus de 8 000 dindes. Les animaux ont péri. Les parents du jeune homme, en état de choc, ont été emmenés à l’hôpital. L’éleveur était adhérent, depuis près de deux ans, au groupement Gaévol, que préside Jean-Yves Guérot. L’enquête, qui a été confiée à la compagnie de gendarmerie d’Argentan, n’a pas encore permis de déterminer les causes de l’incendie.

Des agriculteurs à bout ?

« C’est le quatrième décès par accident - si l’enquête confirme que c’est un accident - depuis début 2021 », déplore Anne-Marie Denis, présidente de la FDSEA de l’Orne. Lundi 12 avril, un agriculteur a été retrouvé mort dans son champ, à Larchamp ; lundi 22 février, un enfant de 3 ans est décédé écrasé par un tracteur ; en début d’année, un agriculteur perdait sa mère de la même façon. « C’est inquiétant, poursuit Anne-Marie Denis. Les agriculteurs subissent une pression médiatique et de leurs concitoyens contre les produits phytosanitaires. Ils sont aussi sous pression financière. » Autant de « stress » peut amener à « avoir la tête ailleurs ». Et ça ne pardonne pas. « La FDSEA estime qu’il va être nécessaire d’alerter l’administration et les élus sur le sujet.»

 

Trois questions à Jean-Yves Guérot, président du groupement Gaévol
Les poulaillers sont des bombes
Issues de secours, détection du monoxyde de carbone, aération, appeler les secours. Jean-Yves Guérot, président du groupement Gaévol, tient à rappeler quelques règles de base en élevage de volailles.
>> Baptiste Renault adhérait à votre groupement...
C’est un drame. Baptiste Renault travaillait avec nous depuis à peu près deux ans. Il voulait évoluer en volailles et venait de construire un nouveau bâtiment, qui a récemment été mis en service. C’est dans l’ancien que le feu a pris. Il est décédé dedans. Comment un agriculteur, jeune et dynamique, a-t-il pu se faire prendre au piège ? Les bâtiments ont normalement deux grands portails de 4,50 m de large x 3 m de haut. Et une, deux voire trois portes latérales qui peuvent servir de sorties de secours. Les portes ne s’ouvrent que de l’intérieur, pour éviter les intrusions de personnes antispécistes. Je les considère comme des sorties de secours.
>> Quelles consignes de sécurité pouvez-vous donner ?
La première règle est de bien ventiler. Les intoxications au monoxyde de carbone, par combustion de propane, sont les accidents les plus courants, car les bâtiments de volailles sont très confinés et chauffés à 35°C quand les lots démarrent. Nos techniciens d’élevage sont équipés de détecteurs de ce gaz inodore, incolore, mais mortel. Les appareils sonnent à l’entrée du site s’ils en détectent. Dans ce cas, il faut ramener de l’oxygène. Ensuite, je conseille de ne pas utiliser d’appareil qui provoque des étincelles, type meuleuse. Et s’il faut réparer du matériel, qu’on n’a pas le choix, mouiller la zone. Cela évitera qu’une étincelle n’enflamme la litière. C’est du B-A BA, mais c’est toujours bien de le rappeler. Et, en cas d’incendie, il faut s’en aller le plus vite possible.
>> Vous parlez en connaissance de cause ?
Oui. En 2015, en plein été, nous utilisions des bougies fumigènes pour désinfecter un bâtiment vide.Au lieu de faire fumigène, une bougie a fait feu d’artifice. Le bâtiment a été soufflé, non par le gaz servant au chauffage, mais par le gaz de combustion. Il ne faut jamais essayer de combattre seul un incendie. Il faut s’éloigner du site. Et appeler les pompiers. Ils sont informés mais ils ne peuvent malheureusement pas entrer dans le bâtiment aussi rapidement qu’ils le souhaitent. Les poulaillers sont des bombes. Nous n’avons eu que des dégâts matériels et économiques. Là, ce qui est arrivé à Belfonds, c’est un drame humain.

 

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