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RIP pour les animaux
Un outil d’expression démocratique à l’épreuve de la réalité des élevages

Mercredi 16 septembre, JA 14 a invité les parlementaires du département chez Samuel Biderre, éleveur, entre autres, de veaux de lait. Corine Féret et la collaboratrice de Laurence Dumont se sont rendues sur place. Le référendum d’initiative partagée pour les animaux a animé les discussions.

RIP
De gauche à droite : Samuel Biderre, Corinne Féret, Emmanuelle Jardin-Payet, François-Xavier Hupin et Julien Leguillois.
© DR

Un cas pratique. C’est ce qu’ont proposé les Jeunes agriculteurs du Calvados à leurs parlementaires, mercredi 16 septembre. Corinne Féret, sénatrice, et Emmanuelle Jardin-Payet, collaboratrice de Laurence Dumont, députée, sont les deux seules à avoir accepté l’exercice. Énoncé du problème : Samuel Biderre élève 150 vaches laitières. Deux tiers du lait sont livrés à la coopérative Isigny Sainte-Mère. « Un tiers est donné aux veaux de lait. J’en vends 120 par an, en circuit court », détaille le Jeune agriculteur. Les veaux sont élevés sur paille, en box. Il dispose de dix box de six places chacun. Récemment, Corinne Féret a signé le référendum d’initiative partagée pour les animaux. Les JA interpellent la sénatrice sur deux des six mesures (lire ci-contre) proposées : interdire l’élevage des animaux de rente en cage, case, stalle ou box à partir de janvier 2025 ; interdire les élevages ne présentant pas la garantie d’un accès au plein air au 1er janvier 2040. « Le texte donne des dates, s’inquiète Samuel Biderre. Si la proposition de loi est adoptée, ce que vous venez de voir ne pourra plus exister. On ne pourra pas mettre tous les animaux en plein air. Ça me fait peur. » La question tombe : « pourquoi avez-vous signé le RIP pour les animaux ? »

Un outil démocratique

« J’ai co-signé le RIP car c’est un outil de démocratie, mis à disposition des Français, défend Corinne Féret. Il y aura un temps d’échange pédagogique. » Laurence Dumont, elle, n’a pas signé le RIP. Elle lui préfère « un travail sur le bien-être animal, en concertation avec la profession », appuie sa collaboratrice. Corinne Féret reconnaît la qualité de l’élevage de Samuel Biderre. Elle l’assure : « nous ne caricaturons pas l’élevage ni le comportement des éleveurs. Le RIP porte sur l’élevage intensif ». La réponse conduit à la deuxième question des JA : « qu’est-ce que l’élevage intensif pour vous ? Où place-t-on le curseur ? » interroge François-Xavier Hupin, président de JA 14. La parlementaire de répondre : « pouvons-nous nous satisfaire de viande moins chère car elle provient d’élevage industriel ? C’est tout le système qu’il faut revoir. Tous les consommateurs devraient avoir accès à de la viande de qualité ».

« J’entends vos arguments »

« Oui pour le bien-être animal, oui pour l’alimentation de qualité. Mais nous sommes les dindons de la farce », retoque Samuel Biderre. En ligne de mire, les accords de libre-échange et avec eux l’arrivée dans les rayons français de denrées - animales et végétales - produites avec des normes bien moins exigeantes que celles appliquées dans l’Hexagone. Les deux parlementaires soulignent qu’elles ont bataillé « contre le Ceta et le Mercosur, mais vous êtes les grands perdants ». Corinne Féret rappelle que le « résultat du référendum ne fait pas la loi définitive. Dans le cadre du débat parlementaire, nous pouvons faire évoluer le texte mais les Français veulent faire bouger les choses. Je m’inspire du terrain, voilà pourquoi je suis ici. J’entends vos arguments. » Échange apprécié. A l’issue de la rencontre, la sénatrice avait rendez-vous avec les chasseurs, car le RIP propose aussi d’interdire la chasse à courre. Un autre sujet.

Le RIP pour les animaux, c’est quoi ?
Le référendum d’initiative partagée – entre les parlementaires et les citoyens – pour les animaux est une proposition de loi, comprenant six mesures pour l’amélioration du bien-être animal : interdire l’expérimentation animale si une méthode alternative existe ; interdire l’élevage des animaux de rente en cage, en case, en stalle ou box à partir du 1er janvier 2025 ; interdire l’élevage des animaux dans le but d’obtenir de la fourrure à partir du 1er janvier 2025 ; interdire la construction de tout nouvel élevage n’offrant pas un accès au plein air aux animaux adapté à leurs besoins, et, à terme, les élevages ne présentant pas la garantie d’un tel accès a plein air au 1er janvier 2040 ; interdire la chasse à courre et les pratiques de chasse équivalentes, ainsi que les chasses dites traditionnelles ; interdire les spectacles d’animaux vivants d’espèces non domestiques. Pour que la proposition de loi soit déposée et soumise à un référendum ou à un débat parlementaire, le RIP doit recueillir les signatures de 185 parlementaires et celles de 4,7 millions de citoyens.

 

Deux questions à Bertrand Bouyx député du Calvados

“ N’ayons pas peur de la confrontation au parlement ”

>> Pourquoi avez-vous signé le RIP pour les animaux ?
Les Français veulent un débat légitime sur le bien-être animal. En tant que parlementaire, je dois être présent sur la question. De plus en plus de citoyens veulent de la démocratie directe, locale. Le RIP est un outil qui y participe. Je ne suis ni antispéciste ni anti chasse, je mange de la viande et défends la ruralité mais il faut pouvoir débattre de ces sujets. L’intérêt du RIP est d’inscrire ces questions de bien-être animal à l’agenda politique.
>> Que défendez-vous dans les propositions du RIP ?
Nous devons prendre notre temps, surtout en ce qui concerne le monde agricole. Il ne s’agit pas de condamner l’élevage. Ce ne sont que des propositions. Elles ne sont pas figées et restent discutables. Le débat contradictoire met en phase le monde agricole et la société. Il ne faut pas avoir peur de la confrontation au sein de l’Assemblée nationale ou du Sénat. Les sujets agricoles sont trop longtemps restés dans le monde agricole, alors qu’ils intéressent tout le monde. Le débat sert aussi la profession. J’ai une position arrêtée contre les spectacles d’animaux vivants.
Propos recueillis par J. P.
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