Dominique Barrau, Secrétaire général de la FNSEA
“Un vrai et indispensable projet européen de l’agriculture”

Quel bilan tirez-vous de la mobilisation du 16 octobre ?
Globalement, cette mobilisation a été forte dans les rangs de la FNSEA et des JA, à la hauteur de la crise que subit la majorité des secteurs de production. D’une part, elle traduit la profondeur de cette crise et, d’autre part, exprime une très forte attente de tous les producteurs vis-à-vis de l’Europe et des pouvoirs publics français. Il y a un moyen et long terme européen avec tous les aspects régulation et harmonisation. En attendant ces décisions européennes, les agriculteurs français attendent du gouvernement des mesures urgentes, face à cette crise exceptionnelle. L’urgence a un sens, sauver des milliers d’exploitations et l’avenir de l’agriculture européenne.
L’annonce d’un fonds laitier européen de 280 millions d’euros à la réunion des ministres européens de l’Agriculture à Luxembourg, va-t-elle dans le bon sens ?
C’est la première fois que l’Europe décide une mesure pour un secteur. C’est un bon signe pour le secteur laitier. Mais on est loin du compte, ce n’est pas une réponse à la hauteur de la crise car il n’y a pas que le lait qui la subit. On attend de l’Europe qu’elle avance très vite sur les questions de la régulation et de l’harmonisation des conditions de production.
Cette semaine Bruno Le Maire reçoit les propositions des groupes de travail sur la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche. Qu’attendez-vous de cette future loi ?
Il est important qu’un pays comme la France, qui a une histoire agricole, travaille sur une loi qui débouche sur une vraie organisation des producteurs. Il faut que l’élaboration de cette loi s’inscrive dans le cadre d’une Europe qui se prépare à travailler sur la régulation et l’harmonisation des conditions de production. La France peut s’organiser de façon idéale, mais comme nous avons perdu en termes de compétitivité, seule, cela ne sera pas suffisant. C’est pour cela que nous devons inscrire cette future loi dans le cadre d’un vrai et indispensable projet européen de l’agriculture.
Groupama prend des mesures pour soutenir ses assurés face à la crise
La crise qui touche depuis plusieurs mois de nombreuses productions agricoles a fait apparaître des situations financières difficiles. Dans cette conjoncture, Groupama, Organisation Professionnelle Agricole, est aux côtés de ses assurés, en particulier des jeunes exploitants. Le maintien des garanties des contrats d’assurance est une des conditions nécessaires à la pérennité des exploitations. Aussi, le Conseil d’Administration de Groupama Centre Manche a décidé que les dossiers des agriculteurs dont les trésoreries sont au plus bas du fait de la conjoncture actuelle seront étudiés en donnant la possibilité d’étaler le paiement des cotisations et/ou d’aménager les garanties. Ces dispositions ont été exposées à Bruno Le Maire, Ministre de l’Agriculture, le 21 septembre dernier et ont été confirmées ensuite aux représentants des exploitants agricoles. Alors, si vous êtes confrontés à des problèmes de paiement de cotisation, des soucis d’échéances, n’hésitez pas, venez nous en parler. Contactez votre conseiller Groupama habituel. Il étudiera avec vous les solutions qui pourront vous aider.
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