Débat
Une contractualisation à plusieurs vitesses
Constractualisation, ce thème sera au cœur de l’assemblée générale de la FDSEA 14. Selon les secteurs de production, des contrats existent déjà. Leur efficacité varie. Témoignages d’agriculteurs.



Lapins : déjà des accords sur les volumes et les prix
Philippe Poret, agriculteur au Mesnil-Clinchamps, président de Normandie Lapins : “Sans que le terme contractualisation ne soit utilisé, le groupement de producteurs « Normandie lapins » passe déjà chaque année des accords écrits avec l’abattoir. En effet, des négociations sur les volumes à produire ont lieu dans le courant du mois de novembre (pour mettre en adéquation la production avec le marché) et les prix sont négociés pour l’année au mois de février. Ce que notre secteur recherche plutôt en termes de contractualisation, c’est un accord avec les fabricants d’aliments pour limiter l’impact des fluctuations du marché des céréales sur le coût de nos aliments”.
Filières végétales : une évidence !
Xavier Hay, Agriculteur à Tilly-la-campagne : “Quelle que soit la filière : céréales, pomme de terres, betteraves ou lin, les productions de mon exploitation sont déjà sous contrat. Cela me semble une évidence pour s’assurer un débouché. Et cela marche d’ailleurs dans les deux sens : sans nos produits, quid de l’approvisionnement des acheteurs ? Il s’agit bien sûr d’un rapport de forces permanent entre producteurs et acheteurs car nous sommes souvent face à un unique acheteur ou transformateur. Et il est évident que le contrat est plus intéressant pour le producteur lorsque l’offre est légèrement inférieure à la demande”.
L’indexation des cours de matières premières sur les produits finis : la voie royale !
Stéphane Pasquet, président de la section porcine de la FDSEA : “La contractualisation dans le secteur porcin si elle garantit la collecte des animaux ne règle rien quand à la rémunération des éleveurs. Et ce qui grève actuellement notre revenu, c’est le coût de l’aliment. Dans ce cadre, une contractualisation relative à l’achat d’aliments me semble envisageable. La voie royale pour l’élevage, même si elle semble difficile à atteindre, resterait tout de même l’indexation des cours de matières premières sur les produits finis. Pourquoi le producteur serait-il le seul maillon de la chaîne à amortir les fluctuations des cours des matières premières ?”