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Une densité laitière de plus en plus hétérogène en Normandie

Les contrastes de densité laitière sont spécialement marqués en Normandie. La région est même au premier rang des régions françaises par l’écart qui sépare territoires laitiers et non-laitiers.

Laitière la Normandie ? Si l’ensemble normand (2 régions administratives) se situe en effet en haut du tableau des régions françaises pour sa production laitière, le lait n’y est pas du tout réparti de façon homogène, et de moins en moins depuis 10 ans. Deux sources permettent de faire le point à ce sujet.


La Normandie, LA région française où la densité laitière est la plus hétérogène

La Basse-Normandie est la deuxième région française par la densité laitière, avec 35 vaches au km² de Surface agricole utile (SAU), derrière la Bretagne (41 VL/km²). La Haute-Normandie est en huitième position avec 15 VL/km². C’est ce que révèle l’analyse des densités de vaches laitières, sur la base du recensement agricole 2010.A l’échelle cantonale, on constate que la Basse-Normandie fait le grand écart, entre le Centre Manche à plus de 75 vaches laitières au km² et certains cantons de la Plaine de Caen ou du Perche ornais, pratiquement dépourvus d’élevage laitier.Mieux, une comparaison entre régions françaises montre que la Basse-Normandie est celle où l’écart de densité laitière est maximal, entre les cantons les plus laitiers et les moins laitiers. Le Nord Pas-de-Calais et Rhône-Alpes affichent également une hétérogénéité élevée, mais assez loin derrière la Basse-Normandie, incontestablement en tête sur ce critère. La Haute-Normandie est nettement moins hétérogène, car, si certains cantons sont également dépourvus de lait, les plus denses dépassent à peine les 40 vaches laitières au km².

 


Des contrastes territoriaux qui s’accentuent

La même analyse, réalisée à l’échelle départementale, montre d’ailleurs que le Calvados est LE département français offrant le plus de disparité inter-cantonale en termes de densité laitière, et que l’Orne est au 5e rang. Rien d’étonnant donc que la Basse-Normandie se distingue sur ce critère. Une autre approche de la densité laitière consiste à mesurer la production en litres par km2 sur un canton (source : références laitières, DRAAF, 2012). Ces données confirment les forts contrastes de densité laitière en Basse-Normandie : de 4 500 li-tres/ha de SAU (Isigny-le-Buat, 50) à moins de 400 dans 6 cantons calvadosiens. En Haute-Normandie l’éventail va de plus de 2 600 litres/ha (Aumale, Bois-Guillaume) à moins de 150 (sud de l’Eure).Cette source permet également de chiffrer les évolutions car on dispose de données depuis 2006. Au sein de chaque région les secteurs géographiques déjà denses accroissent le plus leur référence. Les contrastes s’accentuent donc entre cantons extrêmes. En particulier en Basse-Normandie les zones bocagères ont gagné 500 à 700 litres/ha de SAU cantonale, sur une base 2006 de 2 500 à 4 000 litres/ha soit + 15 à +20 %.Inversement les cantons déjà peu laitiers de la Plaine de Caen ont encore perdu en densité.Cet accroissement des contrastes est moins marqué en Haute-Normandie. Si certains cantons du nord de l’Eure et dans l’ouest de la Seine-Maritime accroissent leur densité de + 15 à + 25 %, les cantons les moins laitiers du sud-est de l’Eure maintiennent pratiquement leur densité laitière.

Un enjeu territorial

Cette analyse traduit les évolutions de la période 2006-2012, marquée par un desserrement des quotas, préalable à leur suppression prochaine. Davantage qu’un transfert entre territoires, il s’agit là d’un accroissement dissymétrique : certains secteurs s’emparent de l’opportunité pour produire davantage, d’autres  sont stables ou en léger recul.L’après quota marquera une nouvelle étape, mais un tel régime de croissance asymétrique pourrait bien se poursuivre, encadré désormais par les stratégies des collecteurs.Quelle que soit l’évolution globale à venir, l’enjeu pour la Normandie sera à la fois économique et territorial.

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