Olivier Foucault (AGRIAL filière volaille)
Une épée de Damoclès sur la tête de la filière
Olivier Foucault (AGRIAL filière volaille)
L’assemblée générale de la filière avicole Volaille Label d’Agrial se tient mardi 27 février à St-Germain-de-Tallevende (14). A-t-elle perdu des plumes au cours de cet exercice ? Les réponses d’Olivier Foucault, son président.

Les mesures de confinement ont généré des contraintes d’élevage comme la baisse de densité.
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L’épisode de la grippe aviaire de 2006 a-t-il laissé des traces ?
Forcément. Il a déstabilisé la filière pendant près d’un an. Les mesures de confinement ont par exemple généré des contraintes d’élevage comme la baisse de densité. Parallèlement, les accouveurs ont supprimé une partie de leur cheptel de reproduction. Nous avons donc peiné à retrouver des poussins en fin d’année. C’est pourquoi des volumes n’ont pas été produits en fin d’année.
Tout est rentré dans l’ordre aujourd’hui ?
Je parlerai d’un petit retour à la normale. La disponibilité en poussins n’est pas totale. Par ailleurs, on vit avec une épée de Damoclès sur la tête. Nous sommes attentifs à ce qui se passe en Hongrie, en Angleterre avec la peur que l’Influenza aviaire fasse son apparition en France.
Dans quelle situation économique se retrouvent les éleveurs ?
Nous sommes confrontés à une hausse des matières premières comme les céréales ou le gaz. Parallèlement, alors que la consommation globale à baissé de 3 à 4 points et que la distribution veut garder ses marges, nous avons des difficultés à retrouver des prix rémunérateurs. En conclusion, nos marges sont à la baisse.
Ce qui signifie que certains éleveurs jettent l’éponge ?
Pas au niveau de notre groupement. La moyenne d’âge de nos bâtiments est de 8 ans contre 15 ans dans l’ensemble du Grand Ouest. Il s’agit donc chez nous d’une production assez jeune avec l’obligation de faire du résultat pour rembourser les annuités. Parallèlement, nos résultats techniques sont excellents. Nous maintenons donc nos capacités de production. Il nous faut cependant améliorer nos marges si l’on veut attirer de nouveaux entrants.
L’outil d’abattage a également souffert ?
Bien sûr puisque les volumes traités ont baissé de 20 % avec les mêmes charges fixes. Les mesures de chômage technique et de RTT (Réduction du Temps de Travail) n’y ont pas suffi. Nous avons cependant la chance de faire partie d’un groupe et la solidarité a joué.
Comment voyez-vous votre avenir à court et moyen terme ?
Concernant l’Influenza aviaire, on s’habitue peu à peu à vivre avec ce risque sans pour autant le négliger. C’est vrai aussi pour le consommateur qui a pu vérifier que l’Etat Français savait gérer ce genre de situation. Nous sommes donc en phase de dédramatisation.
Parallèlement, avec AVI Normandie, nous relançons une campagne de communication à destination du grand public visant à relancer la consommation. Cette campagne, financée par la filière et le Conseil régional, doit cependant s’inscrire dans la durée pour être payante.
Propos recueillis par Th. Guillemot