DRDAF
Un(e) Srise sur le gâteau de la statistique agricole
Que serions-nous sans les statistiques ? Le domaine agricole n’échappe pas au diktat des chiffres épluchés sous tous les angles. Voyage au cœur du SRISE (Service Régional de l’Information Statistique et Economique) de la DRDAF de Basse-Normandie.

Apartir d’octobre prochain, si vous faites partie des 10 % de l’échantillon représentatif de la Ferme Régionale, vous recevrez la visite d’un enquêteur mandaté par le SRISE (Service Régional de l’Information Statistique et Economique) de la DRDAF de Basse-Normandie.
Entre deux RGA
Pas d’inquiétude à sa venue et aucun risque de sanction à la sortie au terme d’un entretien convivial (obligatoire cependant) qui devrait durer une heure en moyenne. Il s’agit en fait d’une étape intermédiaire entre deux RGA (Recensement Général Agricole) qui permet, par sondage, de réactualiser les données. Le dernier RGA remonte à 2000. En Basse-Normandie, 35 000 agriculteurs avaient été questionnés. La prochaine édition, c’est pour 2010. 120 enquêteurs devraient rencontrer 25 à 27 000 exploitants. Entre les deux donc, 30 à 35 agents (pas secrets du tout) du SRISE sillonneront l’Orne, la Manche et le Calvados pour rendre visite à quelque 2 700 agriculteurs.
Tous les aspects seront abordés : outils de production, animaux, bâtiments, matériel, emplois familial et salarié... Les méthodes de production seront évoquées. Alors bien sûr, on est en droit de s’interroger sur la nécessité d’entretiens individuels alors que toutes ces informations sont déjà stockées dans les tuyaux informatiques de l’administration agricole, de l’administration fiscale, de la MSA... “On essaye de réduire la charge de l’enquête en exploitant certaines sources administratives mais il est impossible de recouper toutes les informations”, plaident François Boutin et Fabrice Hillaireau (chefs de pôle). Et puis il y a la fameuse CNIL et sa loi “informatique et liberté” qui encadrent, et c’est tant mieux, l’exploitation des bases de données informatiques. Si l’on utilise donc par exemple la BDNI (Base de donnée Nationale de l'identification), les agents du SRISE ont besoin d’informations complémentaires.
Collecter, analyser, diffuser
Issu d’une réforme 2005 mise en place en 2006, le SRISE est placé sous l’autorité de la DRDAF (Direction Régionale et Départementale de l’Agriculture et de la Forêt). Il s’agit d’un service déconcentré du SCEES (Service Central des Enquêtes et Etudes Statistiques). “Notre priorité est d’exécuter des travaux statistiques de collectes et d’analyses demandés par Eurostat et le ministère de l’Agriculture”, précise son chef de service, François Quesnel. Ce travail permet notamment d’établir les comptes régionaux de l’agriculture.
Mais le SRISE n’est pas qu’agricolo-agricole. Il s’intéresse aussi à la forêt, à la salmoniculture, à la conchyliculture, aux industries alimentaires, à la population rurale, à la commercialisation et au prix des produits, aux territoires (...).
Savez-vous par exemple que la Basse-Normandie est maillée de 10 000 points de 3 mètres de diamètre qui, tous les ans en juin depuis 40 ans, sont observés in situ par un enquêteur. S’agit-il d’un point d’eau, d’une route, d’une haie, d’une forêt, d’une culture, d’un pâturage ? Ce travail de fourmis voyeuses, nom de code : TERUTI (TERitoire UTIlisation), permet de suivre l’évolution des territoires et des paysages. TERUTI constitue un outil précieux aux collectivités territoriales et également à l’échelon européen puisque l’ensemble du territoire de l’UE est passé au crible. Un outil d’aide à la décision dans la définition des politiques environnementales ou de structures.
Valoriser l’information
Autre mission du SRISE : diffuser et valoriser l’information économique. Il dispose pour cela de différents outils : courriers, messagerie, internet. Il publie également, à l’instar de son bulletin de conjoncture (4 pages chaque mois) ou de son mémento que tout agriculteur aguerri garde à portée de main. Il apporte également son concours aux collectivités territoriales, aux OPA (Organisation Professionnelle Agricole), aux Chambres d’Agriculture, pour mener à bien certaines études spécifiques et participe à de multiples travaux interministériels. Mais attention, “on fournit une information agrégée. Tous nos travaux sont couverts par le secret statistique”, insiste François Quesnel. Voilà donc pourquoi les agriculteurs ont parfois l’impression d’être interrogés à répétition sur un même sujet.
Mais la statistique agricole évolue et s’adapte. La régionalisation des services n’en constitue que la face immergée. Reste qu’elle pourra mouliner les chiffres autant qu’elle le veut, elle ne pourra jamais prévoir les rendements 2008 en blé. Par contre, c’est bien la statistique qui calcule les moyennes lissées, pondérées, corrigées, indispensable à la gestion à long terme des exploitations.
TH. Guillemot