Patrice Lepainteur, président de la FDSEA du Calvados
“Vindicatif, revendicatif mais aussi constructif et prospectif”
“Le syndicalisme agricole ne doit-il pas entamer une grande mutation ?” La réponse de Patrice Lepainteur, président de la FDSEA du Calvados.

“Pour un certain nombre d’agriculteurs, la FDSEA ce n’est que tracteurs et bennes devant la préfecture, opérations de stickage dans les grandes surfaces, contrôles de camions aux péages des autoroutes, blocage des entrées des abattoirs et des laiteries... Je dirai que c’est le volet vindicatif de notre action.
Un volet incontournable car il se voit dans les journaux et à la télévision. Incontournable aussi car il permet de jauger le rapport de force entre nous, agriculteurs (éleveurs ou céréaliers), et nos partenaires amont et aval, nos administrations de tutelle, nos collectivités, nos élus politiques.
Incontournable enfin car il légitimise le volet revendicatif. Un exemple avec le dossier CIPAN. L’administration aurait-elle accepté des assouplissements si FDSEA et JA n’avaient pas cerné un jour la préfecture ? Personnellement, je ne le crois pas.
Cependant à ce vindicatif et ce revendicatif, notre syndicalisme agricole (et à tous ses échelons géographiques) y a ajouté un volet constructif. Une mission qui ne se voit pas forcément mais qui est capitale pour le quotidien des agriculteurs. La FDSEA, bien souvent en binôme avec les JA, siège au sein de nombreuses instances(voir encadré). Nous y défendons l’intérêt collectif quelle que soit l’étiquette de chacun. C’est ainsi que la FDSEA fait entendre sa voix sur le terrain.
Mais le message ne passe pas toujours à travers les corps intermédiaires. C’est pourquoi il nous arrive d’intervenir en direct. Exemple avec la sécheresse 2010. Malgré le rôle joué par la Chambre d’Agriculture, notre département a été retoqué du dossier calamités agricoles alors que l’Orne et la Manche y avaient accès. Avec Franck Labarrière (président de JA), nous avons interpelé le ministre de l’agriculture quelques semaines après cet échec. La bonne nouvelle vient de tomber. Le Calvados est éligible à la procédure. Un travail de fourmi qui ne se voit pas forcément mais qui porte ses fruits.
Et pour finir de répondre à cette question sur la mutation du syndicalisme, j’ajouterai un volet prospectif. Dans un monde qui bouge à vitesse réelle, secoué en permanence par la volatilité des prix des matières premières, le plus grand danger est d’adopter une attitude attentiste. Sur le dossier de la contractualisation par exemple, FDSEA, FRSEA, FNSEA, FNPL (...) ont un rôle technique à jouer. Nous devons nous organiser collectivement pour ne pas se faire intégrer individuellement. Agiter le chiffon rouge, tout le monde sait faire mais après ? Demain, une ère nouvelle va s’ouvrir notamment à travers la disparition des quotas laitiers en 2015. C’est aujourd’hui qu’il faut s’y préparer. C’est aujourd’hui qu’il faut se fédérer. Peut-être l’occasion de tourner une page et d’en écrire une autre en haut de laquelle s’inscrirait en entête “solidarité et responsabilité”.
La FDSEA est présente à la CDOA (commission départementale d’orientation agricole, SES (Sections économies et structures), Groupe
de travaux : viande, structures, lait ou tout autre sujet (ex : équivalences l’an dernier ou réserve DPU), Commission et comité AGRIDIF, Commission consultative paritaire des baux ruraux, Comité départemental d’expertise des calamités agricoles, Comité d’agrément des GAEC, Comité départemental chasse et faune sauvage, Commission des impôts directs et bénéfices agricoles, Commission des évaluations
cadastrales, Commission de conciliation des services fiscaux, Commission paritaire du travail, Commission stage 6 mois, Comité
départemental de la formation professionnelle, de la promotion sociale et de l’emploi, AICC, Comité d’orientation du développement agricole et rural, Etablissements d’enseignement agricole (Vire, Maltot, Le Robillard), Bourses agricoles, CPHSCT, EDE, CIPPA, AFDI, CERFrance Calvados, ADASEA, CDFA, SAFER, VIVEA, CIRVIANDE, CIRLAIT,. Des représentants FDSEA sont également élus aux tribunaux
des prud’hommes et aux tribunaux paritaires des baux ruraux.