Xavier Hay (Secrétaire général de la Fdsea 14) : arrêté anti-pesticides à Epron : « c’est scandaleux
lll Après les deux maires de l’Eure ces derniers jours, et malgré l’annulation de l’arrêté du maire de Langouët par la justice, un nouveau maire s’apprête à prendre un arrêté anti-pesticides mercredi 4 septembre. Franck Guegueniat, maire d’Epron (14), a annoncé l’arrêté interdisant l’utilisation de pesticides « à moins de 150 m de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnel », selon nos confrères de Ouest-France. La préfecture a annoncé avoir saisi le tribunal administratif.

>> Comment réagissez-vous à cette annonce ?
C’est scandaleux. C’est une stratégie purement électorale. Cela fait plusieurs mois que nous le disons, on ne peut pas accepter que chaque maire fasse ses propres lois. Nous, nous respectons la règlementation, les consignes de vitesse, l’utilisation des buses anti-dérives.
>> Craignez-vous que ce type d’initiatives se multiplie et entraîne une modification de la loi ?
C’est une stratégie, chaque maire s’y met, ça fait boule de neige. On simplifie la réalité pour que la population soit d’accord, sans envisager les conséquences à long terme de cet arrêté. S’il était généralisé, la France perdrait 10 à 15% de surfaces agricoles ! Pour résoudre le problème des pesticides, il n’y a pas de solution toute faite.
>> Une Charte riverains a été évoquée au cours de la dernière assemblée générale de la Fdsea du Calvados. Où en êtes-vous ?
Elle est en cours de rédaction et sera finalisée à l’automne. Nous la proposerons aux maires du Calvados pour régler les situations de voisinage entre les agriculteurs et les habitants. Parmi les propositions concrètes de cette Charte, nous recommandons d’expliquer aux habitants le bénéfice des buses antidérive, de modifier les horaires de traitement pour éviter les moments de présence. Nous demandons aussi aux maires et aux lotisseurs d’inclure dans leurs constructions une zone tampon, à leur charge, qui soit une jachère ou une réserve de biodiversité, à côté des terres agricoles.
A Epron, le maire ne s’est pas soucié de la présence de terres agricoles pour construire des habitations à tout-va dans sa commune. Il n’a pas mis en place des réserves de biodiversité. Autour de Caen, les élus ne se gênent pas pour gaspiller de la terre foncière et établir leurs constructions au ras des champs.
Les politiques ne peuvent pas continuer à prendre des mesures en fonction de l’air du temps.