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Calvados
Lait bio au Mollay-Littry : le début de la faim 

Avec le programme reine Mathilde, Danone via sa filiale Stonyfield, convertit des producteurs au lait bio en Normandie. Les volumes restent encore modestes. Cependant, la marque « les 2 vaches » dédiée au bio affiche un taux de croissance de 30 %. De quoi augmenter l'appétit de l'usine du Molay-Littry (14).

Deux jours par semaine, les chaînes de l'usine Danone de Molay-Littry se mettent au bio. En sortent des yaourts siglés “Les 2 vaches”. La marque, pilotée par Stonyfield filiale de Danone, affiche un taux de croissance de 30 %. Les besoins de lait bio suivent logiquement la même tendance. “Nous sommes aujourd'hui certains de la pérennité du projet depuis 2009. Nous avons donc engagé une démarche volontariste de conversion en s'associant à la démarche reine Mathilde. L'institut de l'élevage en est le pilote (lire encadré)”, explique Daniel Tirat, directeur général de Stonyfield France. 

50 % de l'approvisionnement autour de l'usine
Le projet commence à porter ses fruits. 50 % du lait bio nécessaire à l'usine sera produit dans un rayon de 50 kilomètres, dès mai 2012. En 2011, l'usine a transformé 7 millions de litres de lait bio. Un approvisionnement appelé à devenir toujours plus gourmand. 11 producteurs bas-normands y répondront partiellement. Pour le reste, Stonyfield poursuit son partenariat avec Biolait. “Nous avons de bons échanges. Cette coopérative nous fournit ce qui nous manque. Mais notre objectif est bien de densifier notre collecte. Nous ne pouvons pas avoir une chaîne de producteurs bio trop lâche. Le coût de collecte deviendrait élevé”, détaille Daniel Tirat. Un éleveur bio a ainsi été retoqué, car installé à 75 kilomètres de l'usine. 

“Multiplier notre chiffre par 6”
Avec 2 % des volumes, le lait bio reste une petite filière au pays du camembert. Mais le filon est porteur selon Daniel Tirat. Le directeur général de Stonyfield France s'appuie sur les chiffres des Etats-Unis. Outre atlantique, le marché représente 7 % des volumes. Sa première conclusion : “le marché peut tripler dans l'hexagone”. Autres perspectives positives : Danone pèse 30 % du marché conventionnel et seulement 18 % en bio... Dans ces conditions, seconde conclusion de Daniel Tirat : “les 2 vaches peut multiplier son chiffre d'affaires par 6”.AB production : vision
à moyen terme
Le monsieur bio de Danone s'appuie sur les potentielles économies d'échelle, pour structurer une filière. Outre les coûts de collecte, “les distributeurs margent davantage sur des petits volumes”. Stonyfield recherche donc encore et toujours des producteurs. Histoire de résister à l'envahisseur bio étranger. L'entreprise n'a pas de potion magique. Elle raisonne juste à long terme, sur 35 ou 40 ans et mise ainsi sur le bassin laitier normand. A ce titre, la sélection du site du Molay-Littry ne se révèle pas anodine. “Deux aspects nous ont motivés à y produire une gamme bio. D’abord : l'usine était la plus performante sur les petits volumes. Ensuite,  la Normandie semble la meilleure région pour développer une collecte bio. Le climat et les pâturages sont favorables à l'autonomie des exploitations et donc au bio”. Reste que la conjoncture n'a pas incité de conversions en Basse-Normandie. 50 éleveurs ont tenté la “AB production” en 2010. La série n'a pas suivi. Le casting n’a réuni que 20 éleveurs en 2011.

Reine Mathilde développe son fief

Une entreprise ne peut pas se développer si son écosystème économique ne va pas bien”, constate Daniel Tirat. Chaque année, le groupe débloque des fonds. “Par exemple pour la structuration d'une coopérative laitière en Ukraine ou la création d'une école au Mexique”.
Le développement du bio en Basse-Normandie intègre ces projets d'intérêt général. Nom de code de la démarche : reine Mathilde. Derrière cette appellation officielle se cachent notamment la sensibilisation des enseignants ou des vétérinaires. 

Profil des conversions
Daniel Tirat décrit un profil homogène des agriculteurs convertis ou en cours de conversion. “Il s'agit souvent de quadras qui ont réussi en conventionnel. Ces très bons techniciens recherchent un deuxième défi. Certains migrent, par exemple, vers la bio avec un but de réduction du temps de travail. Chacun a ses objectifs”.

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