Le bœuf de nos régions ou la garantie qualité/prix
L’organisme des producteurs de viande de Normandie organise le congrès national du réseau Elvea (Eleveurs et acheteurs) France, la semaine prochaine, dans l’Orne. Reportage chez l’un des adhérents OPVN, engagé dans la filière Bœuf de nos régions.

Dominique Yvard et son frère Bruno produisent, à la ferme de l’hospice, à Macé dans l’Orne, du lait, des céréales et de la viande bovine. Dont des génisses valorisées via la filière Bœuf de nos régions (BNR).
Les deux frères adhèrent, pour cela, à l’Organisme des producteurs de viande de Normandie (OPVN) depuis quinze ans.
Valoriser l’herbe
Pour produire des bœufs ou des génisses BNR, de race à viande ou de race mixte et croisée mixte, l’éleveur respecte un cahier des charges précis : ses veaux naissent sur l’exploitation ou sont achetés avant 14 mois, ils passent au moins douze mois sur la ferme ; ils ont une alimentation sans amidon, des apports de matière grasse limités ; l’éleveur adhère aussi à une charte des pratiques d’élevage, dans le respect du bien-être animal.
« Nous avons signé notre premier contrat le 6 juillet 2002, se rappelle Dominique Yvard. Nous faisions de la génisse de viande et nous avions des parcelles éloignées en herbe à valoriser. » Depuis, les deux frères sortent tous les ans un lot de dix à quinze femelles BNR.
369 kg
« Il s’agit d’une filière complexe,
observe Sylvain Chardon, président d’OPVN. Les animaux, de moins de trente mois, sont élevés à l’herbe. La croissance peut être difficile. » L’apport de matières premières comme la pulpe de betterave, la luzerne ou le tourteau de lin est autorisé. L’objectif étant de sortir des animaux pesants entre 270 et 430 kg de carcasse. « En 2016, la moyenne était de 369 kg », souligne Méline Hellouin, technicienne OPVN.
Les animaux, élevés et finis à l’herbe, sont abattus à la Société vitréenne d’abattage (SVA), en Ille-et-Vilaine. L’abattoir redonne aux éleveurs des primes allant de 0,11 euro à 0,21 euro par kilo, en plus de la grille de prix SVA. « Le producteur peut aussi toucher une prime de désaisonnalité de la part de l’abattoir, poursuit Sylvain Chardon. BNR est une priorité pour SVA, qui programme ses débouchés. » Du 14 novembre 2016 au 19 février 2017, par exemple, la prime s’élevait à 0,10 euro par kilo de carcasse.
« Nous reversons 100 % des plus-values aux éleveurs », assure Sylvain Chardon. En 2016, les 62 éleveurs engagés dans la filière BNR se sont partagé 51 000 euros.
Un débouché sûr
Et le président d’enchaîner : « nous fournissons aussi une assurance garantie de paiement. Tous les agriculteurs adhérents, qui travaillent avec notre collège d’acheteurs, sont garantis d’être payés. Même si le négociant ou l’abattoir met la clef sous la porte ». Puis, la viande est vendue dans les magasins Intermarché. « Elle est meilleure, reconnaît Dominique Yvard. Tous les ans, on garde une génisse
Deux jours de congrès à Bagnoles
OPVN est une organisation de producteurs non commerciale. Elle regroupe, dans l’Orne et le Calvados, 640 éleveurs et 40 acheteurs. « Nous sommes les deuxièmes producteurs BNR de France, après la Mayenne », souligne Sylvain Chardon.
OPVN adhère à Elvea France : Eleveurs et acheteurs associés. Tous les ans, l’une des 38 structures composant le réseau organise le congrès national Elvea France. Cette année, c’est OPVN qui s’en charge, à Bagnoles-de-l’Ore-Normandie, mercredi 6 et jeudi 7 septembre. « L’objectif est de nous faire connaître, de montrer notre façon de travailler en Normandie. En 2016, la totalité des 280 000 euros de plus-value a été reversée aux 640 producteurs de l’Orne et du Calvados », se réjouit Sylvain Chardon, aussi membre du bureau d’Elvea France.
OPVN met également en avant deux autres de ses filières : Blason prestige (Label rouge) et la Filière qualité race normande (FQRN). Deux cents personnes sont attendues pendant deux jours.