Aller au contenu principal

Unicaen
L'université de Caen & la filière AOP lait fermentent ensemble

En avril dernier, l'université de Caen a dévoilé, en partenariat avec l'association des Organismes de défense et de gestion (ODG) laitiers normands, un nouvel outil à disposition des acteurs locaux de la production de lait : une salle de ferments. Découverte.

Dans les couloirs de l'université de Caen, on croise des étudiants bien sûr, mais se côtoient aussi des chercheurs. C'est le cas de Marina Cretenet, maître de conférences et ingénieure en génie biologique alimentaire. "Je m'intéresse aux micro- organismes du lait et du cidre", explique-t-elle avec enthousiasme. Depuis son arrivée en 2011 dans l'unité de recherche Aliments bioprocédés toxicologie environnements (ABTE), elle œuvre aux côtés de Nathalie Desmasures, responsable de laboratoire, et Jean-Marie Laplace, spécialisé dans la filière cidre. En avril dernier, les équipes ont inauguré une nouvelle salle de recherche."Cette cellule d'essai est dédiée à la production de ferments pour la filière AOP laitière de Normandie", explique Marina Cretenet.

Lire aussi : Un week-end dédié à la biodiversité et la ruralité

Un vivier de ferments

Tout a commencé en juin 2023 lorsque "Micheline Guéguen [professeure et chercheuse à l'université de Caen, N.D.L.R] nous a laissé une collection de micro- organismes à 80 % d'origine normande. Nous sommes allés voir la filière AOP régionale, avec laquelle nous sommes copropriétaires à égalité de cette collection, pour savoir ce que l'on pouvait en faire, ensemble", se remémore-t-elle. Après un premier appel à projets en 2014 et le lancement du Conservatoire normand de la micro- biodiversité alimentaire (Conobial) et du Groupement d'intérêt scientifique pour les AOP laitières de Normandie (Galan), c'est donc la salle de ferments qui vient enrichir les travaux menés par l'université et la filière grâce au soutien de la Région et de l'Europe, via le Feader. Au total, 8 000 souches ont été sauvegardées. "Certaines mêmes, dont l'espèce n'a pas été décrite ailleurs. Cela montre la particularité de nos micro- organismes en Normandie et la biodiversité", relève-t-elle.

Lire aussi : Vachement Caen 2024 : que réserve la 3e édition ?

Ferments magiques

"Un ferment dans un fromage sert à acidifier le lait, changer la texture, donner la typicité d'un produit. Il a des fonctions organoleptiques et technologiques. Ça protège aussi le produit de contaminations par des micro-organismes indésirables. [...] C'est ce qu'on a de plus efficace pour prolonger la durée de vie de la matière première", résume Marina Cretenet.

"La biodiversité microbienne est l'expression d'un terroir, de pratiques."

Lire aussi : Rob'dating : le speed dating de l'apprentissage

Une signature assurée

"Avec le contrôle hygiénique accru du lait cru, il y a de moins en moins de micro-organismes dedans, d'où l'importance de récupérer des souches sûres, dont on connaît le fonctionnement et les propriétés technologiques régulières", contextualise l'experte. La filière AOP normande, ce sont 560 producteurs et 24 transformateurs. Avec cette salle dédiée aux ferments, l'université répond à leur "volonté de non-standardisation" et donne la possibilité de mener des essais en fromagerie. "La cellule d'essai permet de passer du collectif à l'individuel. [...] Ce qui est important pour nous, c'est qu'avec ces ferments normands, la filière puisse avoir une diversité significative pour que chaque fromager garde sa signature." Une manière de sauvegarder le patrimoine laitier et fromager normand et de rester compétitif sur le marché, entre tradition et innovation.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Mardi 30 juin, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un champ de Val-au-Perche. Le préjudice sur les cultures est estimé à plusieurs milliers d'euros.
La moissonneuse prend feu et 7 ha partent en fumée : dans l'Orne, c'est l'heure de l'expertise
Mardi 30 juin 2026, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un…
La passion de l'élevage partagée en famille chez les Debons, notamment quand le prix de l'élevage récompense leur travail, ici à Vire le 13 juin 2026.
Blonde d'Aquitaine : Stéphane Debons se prépare au concours à Saint-Hilaire-du-Harcouët
Stéphane Debons, éleveur installé avec son frère David à Noron-l'Abbaye (région de Falaise), devrait emmener cinq ou six animaux…
La canicule de juin a marqué les esprits mais son impact sur le rendement est resté limité.
Colza en Normandie : cinq faits marquants sur la campagne 2025-2026
La campagne 2025-2026 illustre toute la capacité du colza à compenser les aléas lorsqu'il conserve un bon fonctionnement…
Mardi 21 juillet 2026, un agriculteur d'une trentaine d'année décède dans un accident de la route à Tinchebray-Bocage. Une enquête est en cours afin de déterminer les causes de l'accident. 
Un agriculteur ornais décède dans un accident de la route
Mardi 21 juillet 2026, un agriculteur d'une trentaine d'années décède dans un accident de la route à Tinchebray-Bocage. Une…
[EXPERT] "Un maïs sans grain a une valeur pour l'alimentation animale"
Juin 2026 a été historiquement chaud. Quelles manifestations de la sécheresse sur le maïs ?
Dans la Manche, les élevages avicoles ont enregistré de lourdes pertes.
Canicule : surmortalité inédite en porc et volailles avec 260 tonnes de cadavres en trois jours
La canicule a entraîné une mortalité exceptionnelle dans les élevages de la Manche : 260 tonnes de volailles porcs en trois…
Publicité