Philippe Bas « arraché » du département pour le sénat
Une page se tourne pour le président du conseil départemental de la Manche, Philippe Bas. Dans la première semaine du mois d’octobre, il donnera sa démission. Etant réélu à la fonction de sénateur, il ne peut plus cumuler.

« Je suis content de vous retrouver », débute Philippe Bas le 29 septembre lors de la session de rentrée du Conseil départemental de la Manche qui a un goût particulier. C’est la dernière qu’il préside. Et pour cause, la loi de non cumul de mandat le conduit à choisir entre président du Conseil départemental et sénateur (fonction dans laquelle il a été reconduit le 24 septembre dernier). Son choix était fait déjà depuis plusieurs semaines.
Une succession sans remous
D’ores et déjà, l’ensemble des élus est tourné sur l’après Philippe Bas. « Je souhaite que ma succession se déroule le mieux possible » assure le sénateur qui prévoit une démission dans la semaine du 4 octobre. Ensuite, le premier vice-président, Marc Lefebvre, assurera l’intérim et organisera l’élection du nouveau président de la collectivité entre fin octobre et la mi-novembre.
Deux candidats en lice
Dans les rangs pour succéder à Philippe Bas, deux candidats : Marc Lefebvre et Jean Morin. Mais le jour de l’élection, un seul homme fera face aux suffrages.
Le premier est 1er vice-président. A 67 ans, c'est l'un des plus anciens de l'Assemblée Départementale, élu depuis 1998, et il a déjà assuré l'intérim de la Présidence fin 2016. Le second candidat est Jean Morin,
62 ans, conseiller départemental du canton de Créances et vice-président en charge des infrastructures set de l’environnement. La majorité de l’assemblée départementale s’unira dernière une seule candidature pour montrer leur unité. Lors de la session du 29 septembre, nul doute que la succession a été un des sujets majeurs.
Philippe Bas gardera un siège dans l’hémicycle comme conseiller départemental, élu initialement sur le canton de Saint-Pois en 2008. Il a dès ses premiers pas dans l’enceinte départementale occupée un poste de vice-présidence notamment des solidarités, sous la présidence de Jean-François Le Grand. Ce dernier, ne s’étend pas représenté, c’est Philippe Bas qui lui a succédé. Depuis avril 2015, soit depuis trente mois, il a conduit cette assemblée qu’il a souhaitée « unie et dynamique », avec une minorité « constructive ».
Une fois qu’il aura rendu les clefs, Philippe Bas, toujours conseiller départemental, restera « au service de mon chef de corps. Je suis là pour aider ». Sans s’épancher sur ses sentiments, il reconnaît tout de même que c’est « un arrachement ». Pour lui, la loi de non cumul est une mauvaise loi. « Je pense avoir assumé ma fonction correctement. Je suis placé parmi les dix sénateurs dont l’activité est la plus importante sans jamais négliger ma fonction de président de Conseil départemental. J’ai montré que c’était possible de conduire les deux. Et quand c’est possible, c’est bénéfique pour le territoire et le législateur » assure-t-il. Au sein du Sénat « de combat » comme il l’a qualifié, il veut veiller à ce que les territoires ne soient pas ignorés, et notamment les territoires ruraux. Le département de la Manche qui lui a ouvert les portes en 2008, garde ainsi un fervent défenseur, et un relais important.