Prise de vieux becs dans le maïs à Chaulieu (50)
La 6e édition de la Fête de l’ensilage à l’ancienne se tiendra dimanche 18 septembre prochain à Chaulieu, près de Sourdeval (Manche). Un rendez-vous qui s’impose et qui en impose. Chaulieu est désormais la référence nationale en matière d’ensilage de maïs, sauce années 70.


ll Il y a bien longtemps qu’une laitière n’a pas posé ses sabots ici mais Loïc Desdoits (président du comité des Fêtes de Chaulieu) a décidé de garder les bâtiments agricoles de ses parents dans leurs jus. Une stabulation des années 70 avec de grandes aires bétonnées non couvertes, une fosse à lisier à l’étanchéité subjective, des toits fibrociment, des murs mélange des genres avec des pierres séculaires en granite trouvant un prolongement en béton... Même la petite ficelle servant à ouvrir la porte sur rail penché de la salle de traite est toujours là. C’était l’époque d’avant les quotas où, quand le prix du lait baissait, on pouvait toujours produire plus. Pas produire plus pour gagner plus mais produire plus pour perdre moins. Un temps révolu.
La caverne d’Ali Baba de l’ensileuse
Si l’odeur du lait ne flotte plus dans l’endroit, il a cependant trouvé une nouvelle fonction. La stabulation est devenue l’antre de la vieille ensileuse et la caverne d’Ali Baba de la pièce détachée. Loïc et ses complices en ont fait leur QG de campagne en quelque sorte. A quelques jours du rendez-vous, ronflez moteur. Certains n’ont pas toussé depuis 2 ans alors que d’autres ont droit à un petit tour de maïs chaque année. L’édition 2016 apportera son flot de nouveautés dont un cueilleur d’épis de maïs. Les produits de terroir, dont le miel (Sébastien Prunier, un des 18 apiculteurs professionnels de Normandie butine à portée d’abeille de Chaulieu), seront également mis en avant. «Mais nous ne voulons pas donner une image passéiste de l’agriculture», se défend Loïc Desdoits. Et pour cause, Chaulieu n’est pas la foire à l’agriculture d’antan. Sur les terres mises à disposition par Frédéric Paillette, c’est la révolution maïs et son volet machinisme qui est surlignée. Et du côté des organisateurs, on se félicite de voir beaucoup de jeunes soutenir ce spectacle. «Alors vive l’agriculture qui produit, elle a encore de l’avenir», plaide-t-on dans ce coin de bocage.