OGM
“Une priorité, sauvegarder la biodiversité"
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Le Comité de Préfiguration à la Haute Autorité a du pain sur la planche. Explications de son président, Jean-François Le Grand.

Il faut cerner toutes les implications dues aux OGM”.
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E.C.
C’est fait ! Le comité de préfiguration de la haute autorité, chargé d’émettre un avis sur le maïs “810 Monsanto” est né. Sa maman s’appelle Grenelle, son papa est manchois, c’est le président du Conseil Général de la Manche, Jean-François Le Grand, qui aime à rappeler, “j’ai voulu la création d’une Haute Autorité, c’est mon idée ; elle a été retenue par le groupe de travail du Grenelle de l’environnement. Le comité de préfiguration va servir à en fixer les fondements”.
34 membres
Le comité qui vient d’être constitué peut être saisi conjointement par les ministres chargés de l'environnement, de l'agriculture, de la recherche et de la santé sur toute question relative à l'utilisation confinée ou à la dissémination volontaire d'OGM. Outre son président, le comité est composé de 34 membres, répartis en une section scientifique et une section économique, éthique et sociale. Leur compétence porte, entre autres, sur la biodiversité, l'écologie, la génétique, la biologie moléculaire, la toxicologie, la génétique des populations, la thérapie génique, etc.”
Pas de temps mort pour ce comité qui devra rendre son, ou ses, avis sur les OGM de manière à permettre le vote d’une loi avant le 9 février. “Si elle l’est effectivement à cette date, la loi sera “utilisable” en avril/mai 2008”.
Conviction personnelle
Du comité de préfiguration devrait naître la Haute Autorité. Jean-François Le Grand en sera-t-il le président ? “Pour l’instant, nous n’en sommes pas là. Nous travaillons, notamment avec les syndicats agricoles sur des sujets comme la “non-brevetabilité du vivant” ou encore du libre choix économique des agriculteurs de choisir son mode de culture et surtout de garantir à ceux qui ne veulent pas d’OGM qu’ils ne seront pas contaminés”.
La conviction personnelle de Jean-François Le Grand en matière d’OGM reflète bien la complexité du sujet. “On ne peut répondre par oui ou par non ; cela dépend des finalités, notamment thérapeutiques. Par contre, je suis certain qu’il ne faut pas interdire la recherche. Mes priorités sont la santé humaine et la préservation du bouquet biologique originel. Sur les OGM, les études sont aujourd’hui insuffisantes dans le temps, il faut mesurer leur impact. Concrètement, prenons le temps avant de préserver une biodiversité qui est sans conteste l’assurance vie de la planète. L’homme a encore 150 ans pour protéger cette biodiversité, après ce sera le point de non-retour”.
Problème, le 14 décembre dernier, lors de la première réunion, le Comité de Préfiguration a déjà pris du plomb dans l’aile. “L’Alliance pour la Planète”, un collectif d’organisations non gouvernementales, et la Confédération Paysanne ont décidé de quitter la table des négociations. Ces deux instances veulent, comme préalable au débat, une suspension de la culture du Monsanto 810.