IBR : à deux doigts d'être une département indemne
Le mois dernier, l’arrêté contre l’IBR en vue d’une éradication a été enfin publié. C’est ce que demandait Hervé Marie, président du GDS de la Manche, depuis longtemps. Un arrêté qui a trop tardé et qui pénalise les exploitations.

Une des priorités des équipes du GDS, présidé par Hervé Marie, est la lutte contre l’IBR (Rhinotracheite infectieuse bovine), une infection due à un herpèsvirus spécifique des bovins, le BHV-1. L'expression de la maladie est variable, à dominante respiratoire, mais peut éventuellement prendre la forme d'encéphalites (veaux), de conjonctivites, d'avortements et de métrites. La forme subclinique (sans symptômes) est très fréquente. Il s'agit d'une maladie dont l'enjeu économique est considérable puisqu'un animal positif ne peut plus être commercialisé autrement que vers l'abattoir. Aujourd’hui, plus de 82,5% des cheptels sont indemnes dans la Manche. Un pourcentage important et qui devrait s’améliorer. « Nous avons encore quelques poches de résistance. Mais nous sommes à deux doigts d’y arriver » confie le président. Et pour cela, l’arrêté ministériel contre l’IBR en vue d’une éradication nationale était très attendu. Hervé Marie s’impatientait devant les adhérents du GDS en assemblée générale. « Nous l’attendions. Nous sommes contents que cela soit arrivé ». La publication est synonyme de soulagement. « Sur un sujet aussi complexe et douloureux que celui-là, il y a longtemps que nous aurions dû l’avoir » insiste-t-il.
Envisager l'éradication
La sortie de cet arrêté va permettre de mettre en place des plans d’actions sur le terrain pour assainir la situation. Ce qui permet « d’envisager l’éradication de l’IBR dans le département de la Manche ». Avoir le statut de département indemne est le souhait de Hervé Marie. « C’est essentiel pour les éleveurs sur le plan de la commercialisation. Et cela permet aussi de ne pas avoir de contamination entre exploitations » ajoute-t-il. Maintenant il faut que cet arrêté soit vraiment concrétisé sur le terrain. « C’est à l’État de le faire respecter sur le territoire départemental pour arriver au bout » assure-t-il.
Commander les vaccins
FCO, la fièvre catarrhale ovine. Le département de la Manche est en zone indemne. Aucun cas positif n’a été détecté. Les dépistages ont confirmé l’absence de circulation virale. Pour autant, les adhérents de GDS Manche ont été informés qu’ils pouvaient commander des doses de vaccins auprès de leur vétérinaire. La crainte serait que le virus revienne après l’été. C’est ce qu’a exprimé le représentant de l’État en faisant référence aux périodes précédentes. Souvent, après une accalmie, et surtout après une météo douce, le virus risque de faire son apparition. Les conséquences pour les cheptels non vaccinés pourraient être importantes. Là encore, le président manchois déplore le manque de réactivité du ministère. « Il est fort à craindre qu’en fin d’été, la petite bête soit là et que bon nombre de nos animaux ne soient pas vaccinés pour cause de sortie aux herbages au moment de l’accès au vaccin » dénonce-t-il. La lutte contre la paratuberculose, l’amélioration sanitaire du lait ou encore le plan d’assainissement contre le SDRP sont autant de priorités du GDS. Toutes les filières sont suivies de près pour que l’état sanitaire des cheptels de la Manche soit le plus performant.
" Oh hé l'élevage "
Au final, l’état sanitaire du cheptel départemental a d’autant plus d’importance en période de crise même si c’est un poste qui représente un coût. Ce qui conduit le président à dire qu’il ne faut pas s’étonner si cet état se détériore. Pour autant, les équipes techniques sur le terrain poursuivent leur travail auprès des éleveurs. « Il ne faut pas prendre le risque de le reléguer au second plan. C’est un suivi au quotidien dans les élevages qu’il faut conduire ». Et pour marteler le message, il compte augmenter les réunions cantonales afin de rester proche des adhérents. « Les adhérents sont attentifs aux problèmes sanitaires, mais ils sont fatigués de la situation économique, de l’évolution de la PAC, de la réglementation... ». Et surtout par le manque de réactivité du côté du ministère de l’Agriculture. « On a le sentiment qu’il n’y a plus de capitaine sur le bateau. Et pourtant il y en a un : Monsieur Le Foll. Ce que nous attendons maintenant, c’est que le porte-parole du gouvernement après avoir crié bien fort « Oh hé la gauche », demande au ministre de l’Agriculture de crier « Oh hé l’élevage ». On demande plus qu’un ministre à quart temps » conclut Hervé Marie.