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Agroforesterie au SIA
Le lycée de Coutances décroche une 2e place

Pour la première année au Salon de l’agriculture, l’agroforesterie a fait son entrée au CGA (concours général agricole). Parmi les concurrents, le lycée agricole de Coutances représentant la Normandie. Et il a décroché une très belle seconde place. Un encouragement pour cet établissement qui aura à cœur de transmettre les techniques développées.

Le lycée agricole de Coutances la seconde place au concours des pratiques d'agroforesterie dans la catégorie gestion au SIA 2020
© SB

Le dossier du lycée agricole de Coutances laissait présager un bon résultat. Il était dit dans les allées que « le dossier était solide ». De quoi donner bon espoir à Benoit Bulot, directeur de l’établissement, Bruno Mondin, responsable de l’exploitation agricole. Et le résultat est tombé vendredi 28 février au sein du Salon de l’agriculture. Le lycée décroche une très belle seconde place au concours des pratiques agroforesterie dans la catégorie gestion. Une satisfaction pour l’équipe du lycée, sélectionné à l’échelle régionale par un jury emmené par Benoit Hulmer, élu à la Chambre d’agriculture de la Manche, avec entre autres comme membre Françoise Lerossignol, conseillère départementale de la Manche.

Un prix motivant
A l’énoncé des résultats par le président du jury national, Philippe Noyau, membre également du bureau de l’APCA (Chambre d’agriculture), Bruno Mondin s’est réjoui de ce résultat. « C’est motivant pour continuer à transmettre auprès des jeunes, auprès des éleveurs. Cela donne des perspectives d’évolution dans nos systèmes », confie-t-il. Quant à Benoit Hulmer, il s’est félicité de ce choix. « Parmi les cinq candidats que nous avions au départ, nous avons rencontré que des gens passionnés. Mais le lycée de Coutances a été celui qui se rapprochait le plus de nos systèmes », explique-t-il.

Des génisses dans le verger
Pour ce challenge, le lycée a proposé une parcelle de verger de 2,94 ha abritant 2 000 pommiers de 15 variétés différentes. Les pratiques agro-écologiques et agroforestières ne datent pas d’hier. L’établissement est passé en bio.
Pour le verger, le déclic a eu lieu en 2007, après une année très humide nécessitant l’utilisation de nombreux produits sanitaires. « On considérait qu’on en utilisait trop. Il fallait donc agir sur le désherbage », raconte le responsable de l’exploitation.
Alors, le choix d’enherber et de supprimer le désherbage pour des raisons économiques et écologiques s’est imposé. « On a dans un premier temps investi dans un gyrobroyeur. Mais très vite, il nous a semblé plus judicieux de mettre des animaux plutôt que de gyrobroyer pour passer moins de temps. Alors, un lot de génisses a été intégré dans le verger entre mai et août. Elles ont environ 7 mois, et pèsent 250 kg de poids vifs. On les retire au bout de trois mois pour les transférer dans une parcelle préalablement fauchée pour éviter tout parasitisme », note Bruno Mondin. 

Un agro système complexe
Le virage du bio étant acté depuis 2011, les pratiques ont conduit un apiculteur à introduire des ruches dans le verger, favorisant la pollinisation des arbres. De son côté, le lycée a installé une dizaine de nichoirs à mésanges dans les pommiers. « Ce verger qui était conduit d’une manière simple est devenu un agro système complexe, avec à la fois une récolte de pomme, une production de miel, et l’alimentation d’un lot de génisses pendant trois mois avec une croissance élevée. Le tout entouré d’une haie », explique le chef de l’exploitation.  Ce sont également l’équivalent de
2,5 TMS/ha qui sont valorisées grâce au pâturage. « L’herbe n’est pas gaspillée », poursuit-il.

Le lycée ne compte pas s’arrêter là. Il continue de planter grâce à une convention signée avec Agrifaune et multiples partenaires. Une journée de démonstration de bois déchiqueté est programmée en mars avec la fédération des Cuma. 
Le jury du concours du CGA a apprécié de nombreux points que Bruno Mondin a argumentés. « Le système complet et diversifié, le paysage très riche et l’excellente communication », grâce à Anne Hébert, enseignante et qui pour un tiers de temps est focalisée sur le projet, note Philippe Noyau.  

Les agriculteurs : des partenaires naturels
En préambule, la secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire, Emmanuelle Wargon, a souligné que « les agriculteurs sont des partenaires naturels de la transition écologie. Une agriculture qui vit mieux pour les agriculteurs, vit mieux pour la planète et pour nous tous. L’Etat doit être un aiguillon pour aller plus loin dans ses pratiques et un partenaire technique et financier. C’est un grand bouleversement pour nous tous. C’est une forme de révolution pour lutter contre le dérèglement climatique, pour préserver la biodiversité », conclut-elle.

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