A Torigni-sur-Vire, on aime la viande bovine
Pour ses dix ans, le festival de la viande, organisé dans la Manche, à Torigni-sur-Vire, rassemblait 185 bovins et 25 bouchers. Pas de doute, la manifestation est entrée dans la cour des grands évènements de l’élevage.


de la boucherie.
8h00, samedi matin, les premiers animaux ont déjà débarqué et attendent le reste du troupeau plus ou moins calmement. A l’entrée de Torigni-sur-Vire, petites bétaillères ou camions patientent avant de monter au marché couvert. Un marché littéralement transformé en village de la viande. D’un côté 185 sujets de toutes races ; de l’autre 25 bouchers prêts à en découdre, pacifiquement, pour le prix de la meilleure entrecôte. Entre ces deux pôles, toute une palette de stands ou d’animations, notamment grâce à Tévi, avec en vedette Noémie Honiat, vedette montante du petit écran, aux commandes de son fourneau, réalisant recette sur recette pour la plus grande joie des visiteurs.
Plus de 1000 entrecôtes
Du côté des animaux, c’est du grand spectacle. La Normande côtoie la Charolaise qui elle-même flirte avec la Limousine ou de la Blonde d’Aquitaine, alors que la Rouge-des-Près se tient un peu à l’écart. On est venu parfois de loin, des Pays de Loire entre autres, pour amener “sa” bête, à l’instar d’un éleveur ayant sorti un beau et vieux camion Citroën datant des années 1960. “Il a 110 000 km au compteur” lance-t-il avant d’aller garer l’antique véhicule au parking. En, fait le festival de la viande c’est avant tout une ambiance qui n’a sans doute rien à envier à celle d’Évron ou de St-Christophe-en-Brionnais. Taxé trop souvent d’individualisme, l’éleveur retrouve ici toute l’ambiance qui a construit l’agriculture depuis 1950. Passéiste alors ce concours ? Et bien non. Personne n’oublie la réalité d’une viande bovine qui a su depuis la crise de la vache folle se refaire une santé. Laurent Binet et Daniel Hunger, négociants et parties prenantes dans l’organisation de l’événement, sont clairs sur le sujet. “Nous avons en France la viande la plus tracée du monde et aussi la meilleure”. Pendant deux heures, le jury passe de rangée en rangée, observe, critique et note.Sous la tente restauration, un autre jury, celui de l’entrecôte d’or s’est mis au travail. Un job pas forcément désagréable. On goûte au fur et à mesure de leur arrivée les pièces de viande grillée en compétition. Les bouchers qui ont soigneusement effectué leur sélection attendent le verdict. Cette année, la boucherie Martinel (La Haye-du-Puits) pourra accrocher le précieux trophée au-dessus de son étal. Juste à côté, les tables se remplissent pour une partie de l’après-midi. Plus de 1000 entrecôtes sont prévues. Les grilleurs transpirent alors que leurs collègues des frites fournissent barquette sur barquette. En début de soirée, toute cette foule d’éleveurs, badauds, retraités, si représentatifs du monde rural, repart dans la bonne humeur en attendant l’édition 2015. Les animaux primés, mais aussi les autres, sont déjà en route vers les abattoirs. Les fêtes de Noël approchent.